jeudi 24 mai 2012

Rencontre du troisième type.

Demain,
je pars à Los Angeles pour un long week-end chez mon amoureux (gah^^).
Je vais donc rencontrer Belle-maman fan de Jacques Cousteau (eh oui), Beau-papa un peu catholique orthodoxe et Frérot, gay mais faut pas le dire à papa. ON VA RIRE.
Plus sérieusement, on va aussi visiter une tonne de musées, voir des graffitis faits par des artistes urbains mondialement connus et prendre des tas de photos puisque Frérot est photographe in-ze-making.
Il va faire très chaud et très beau parce que c'est la Californie du Sud, et on va manger de la cuisine salvadorienne (en gros, des trucs frits LOL). Voilà voilà, régime régime quoi (DIEU MERCI je continue de m'entraîner).
Et sinon j'ai acheté des baskets roses.
Na.
Bise.

mardi 22 mai 2012

réponse au petit rien.

suite de mon message envoyé au jeune électeur FN et blogueur.
Ca ne s'est pas fait attendre, et comme je le craignais, monsieur monte un peu sur ses grands chevaux.
Alors visiblement, ça ne sert à rien de discuter avec les gens racistes, parce qu'ils s'enferment dans leur pensée et ne veulent pas qu'on les sorte de leur coquille.

Je cite:
"Je n'ai aucune haine de l'immigré, j'ai de la colère pour ceux qui sont responsables de cette situation et qui l'aggravent, c'est tout. Je pense qu'il est inutile que l'on discute plus, déjà "racisme" et "sexisme" sont des mots pièges, mon univers n'est pas celui-là, nous voguons dans des systèmes de valeurs trop éloignés, je ne suis plus du tout dans cette matrice d'idées modernes. Lis Nietzsche si tu en as envie, et comprends-le si tu le peux. Bonne route."

S'il n'est pas dans cette matrice d'idées modernes, je ne vois pas où il est, à part dans le passé, même s'il se croit sûrement très très avancé par rapport à tout le monde, en témoigne la certaine arrogance exaltée par l'avant-dernière phrase. Système, valeurs, matrice, univers... esprit, es-tu là? Personnellement, je vogue sur la Terre, généralement dans des coins vulgairement dénommés Bretagne ou Lyon. Bon en ce moment, c'est vrai que ça change un peu, mais bon la plupart du temps je fais peu de cas des galaxies quand je parle de haine de l'Autre. Question de point de vue, je suppose.

Concernant la philosophie, s'il avait su qu'il parlait à une normalienne, il m'aurait servi un tout autre discours ( sur l'élite, comment je peux comprendre la vie, d'abord, tellement je suis privilégiée, blablabla*ennuiprofond*).
Il m'aurait alors été difficile de lui dire à quel point je n'ai jamais posé les doigts sur un ouvrage de Nietzsche, parce que je ne pige généralement pas grand chose à la philosophie. Mais je sais une chose, c'est que beaucoup de gens le lisent, et trop le lisent mal. Je sais aussi qu'avec l'humour qu'il avait, il peut pas être si pessimiste qu'il en a l'air. Et je sais aussi que les gens qui ne lisent qu'un seul livre sont à craindre.
Alors non, j'ai pas lu Nietzsche, et très franchement, il n'est pas sur ma liste de lecture, mais par contre j'ai papillonné autour de Platon, Epicure, Rousseau, Hobbes, Kant, Heidegger, Sartre, Beauvoir, Hegel, Wittgenstein, Alain, Foucault, Adorno, Barthes, Derrida et bien d'autres. J'en ai détesté certains, mais j'en ai aimé beaucoup (alors par contre, hein, Descartes peut aller se faire voir, celui-là non, je refuse) même si parfois c'était parce qu'ils m'aidaient à faire ma sieste (je me souviens encore de "Qu'est-ce que les Lumières?" de Kant - la meilleure sieste de ma vie).

Bref, tout ça pour dire, je ne vois vraiment pas ce que Nietzsche vient faire là-dedans, et je doute fort qu'il soit plus qu'un prétexte, un vague argument d'autorité pour justifier cette nouvelle rébellion qu'est le vote FN.
Non coco, désolée, je vais pas lire Nietzsche pour te faire plaisir, parce que j'en tirerais des conclusions certainement différentes des tiennes et que même après tout cela tu trouverais encore le moyen de me dire combien tu détestes les gens. Quant à préciser que tu hais ceux qui rendent la situation plus grave, hypothèse 1 - tu n'es qu'un banal hypocrite ; hypothèse 2 - tu n'es pas celui qui étale sa haine du basané qui n'a rien fait d'autre que de vivre au coin de la rue sur des pages et des pages de blog.


Conclusion: je ne perds pas espoir de sauver des gens comme toi, mais tu m'as rappelé combien le sophisme était épuisant. Ce qui m'incite à renouveler mon admiration pour des journalistes tel-le-s que Caroline Fourest, ou Audrey Pulvar. Et des comiques comme Sophia Aram ou Stéphane Guillon. La lutte continue.

lundi 21 mai 2012

petit rien.

 Lecteurs, voici un message que je viens d'envoyer à un blogueur dont un des posts a été mis sur Rue89 ici. C'est compliqué, le racisme. Mais plutôt que de tous les traiter de connards comme d'habitude, pourquoi pas tendre la main? Essayer au moins. J'ai donc trouvé l'adresse email de cet jeune homme pour lui répondre. Affaire à suivre, j'espère que la réaction sera à la hauteur de mes espérances.
Note: pourquoi me donner cette peine? Peut-être parce que ça vaut le coup. Parce que c'est bête de ne rien faire et parce que ça fait trop longtemps que je ne fais rien. Peut-être aussi parce que j'aime quelqu'un qui n'a pas la même couleur que moi et que je n'ai pas envie qu'on me le reproche, où que j'aille dans le monde. Ou parce qu'aujourd'hui j'ai fait des dates fourrées à la pâte d'amande et que ça m'a rappelé des souvenirs de Noëls en famille, et que je suis bien contente de connaître ça et pas que des fichus Paris-Brest, sans vouloir insulter la gastronomie française. Mais surtout parce que je n'ai pas toutes les réponses et que cette ignorance me tue. Je veux savoir pourquoi les gens ne s'aiment pas. Voilà.

A part ça, je travaille, ça brouillarde dans le ciel et demain je vais faire une procuration pour voter aux législatives parce que l'extrême droite ne PASSERA PAS. Nan mais.



Salut Hordalf,
Je viens de lire la lettre qui a été publiée sur Rue89 et je suis rapidement passée sur ton blog. Plutôt que de me défouler bêtement avec des trucs méchants et gratuits comme ont dû le faire bon nombre de personnes sur Rue89, tant qu'à faire, je préfère prendre 5 minutes pour tenter d'élaborer une pensée que j'espère constructive.
Tu l'auras deviné, je n'apprécie pas beaucoup tes écrits, parce que je n'ai que peu d'affection pour le racisme - sans parler du sexisme implicite de certains de tes textes. J'avoue que je me sens désolée à la lecture de tes mésaventures, mais selon moi cela n'est pas un argument. Facile à dire, quand on est pas victime. Enfin, en tant que femme, j'en connais d'autres, même si je ne suis pas des plus à plaindre. Je ne crois pas que notre expérience de la violence devrait nous rendre aigri-e-s et dur-e-s envers les autres, car il est inutile de faire à ceux qui ressemblent à ton agresseur ce qu'il t'a fait subir. Il me semble que la vraie revanche eût été de tendre les bras vers l'Autre (cet éternel Autre) pour continuer à la comprendre. Pas facile à faire, j'en conviens, et j'en ai moi-même éprouvé la difficulté. Mais accepter la différence avec sérénité n'a jamais été le chemin le plus aisé. Je pense sincèrement que c'est le plus noble.
C'est pour cela que je fais l'effort de t'écrire, dans l'espoir très naïf d'engager une réflexion sur ce que tu écris. Qui ne tente rien n'a rien. Pourquoi tant de haine aveuglément dirigée vers ces gens? Une immigration massive déraisonnable, "diabolique"? Ni Dieu ni diable n'ont quoi que ce soit à faire là-dedans, je te crois suffisamment intelligent pour le savoir. Quand à comprendre le fonctionnement de l'immigration, c'est un peu plus compliqué qu'une histoire de chiffres, si mes cours d'histoire étaient exacts - et même si je n'ai jamais eu de 20/20 dans cette matière. Il semble qu'au-delà de questions interprétatives tu veuilles voir le monde à la couleur de ta colère. Compréhensible, mais pas justifiable.
Juste pour remarque, il n'y a pas que des Arabes qui violent les femmes. Et ça ne se passe pas qu'en banlieue. Ne me demande pas pourquoi, mais je le sais, et beaucoup trop de femmes le savent beaucoup mieux que moi aussi. C'est trop facile de mettre le crime sur le dos d'anonymes quand tant de vrais coupables sont protégés par leur statut social (sans même parler de leur couleur de peau).
Je n'ai qu'une question, qu'on t'aura peut-être déjà posée: pourquoi tant de haine? Il me semble que la réponse ne se trouve pas dans ce que tu as pu vivre, car beaucoup vivent pire et réagissent autrement (et inversement, pas besoin de vivre ça pour être raciste/voter FN).
Tous les jours je cherche la sérénité. C'est la chose la plus infiniment compliquée à trouver. Mais c'est tellement moins épuisant que de haïr tout ce qui nous entoure. La colère, c'est de l'énergie gaspillée. Bien peu de choses valent que l'on haïsse vraiment, à l'échelle d'une vie. Je crois.

Dans l'espoir (fou, peut-être, encore une fois) que cela change quelque chose,
une lectrice qui te salue bien.

vendredi 18 mai 2012

Rions un peu.

C'est pas parce que c'est la gauche qu'on n'a pas le droit de rigoler hein.

Là.

Hommage dansant

Donna Summer est morte. 
Mais sa musique résonne encore sur les dancefloors du monde entier, et c'est pas demain que ça s'arrêtera. 
Compil.







mercredi 16 mai 2012

Petite merveille dépressive.

Préparez le Martini pour mon retour en France.

Brève matinale.

C'est le matin. Je viens de déjeuner, je m'installe à mon bureau pour relire deux rapports à envoyer, j'allume donc mon ordi et je vérifie mon courrier. Boîte mail dans laquelle se trouve invariablement la newsletter de Rue89 (oui, pas le meilleur journal au monde, mais assez intéressant pour la rubrique sport et rue69, animée par Renée Greusard, une journaliste sérieuse dont j'apprécie plutôt le travail sur le genre, l'homosexualité et le féminisme, entre autres).
Et je lis le titre: "Avec Bérénice Béjo, le sexisme monte les marches (de Cannes, ndlr)." Prière de cliquer et de lire, ce n'est qu'une simple brève relatant les propos lumineux (c'est ironique) tenus par Bérénice Béjo sur les femmes après que le collectif La Barbe a critiqué leur absence dans la sélection officielle (ce dont on peut en effet tout du moins s'étonner, malgré l'hypermasculinisation du milieu, encore aujourd'hui).
Bref, Béjo fait une sortie digne de l'époque relatée dans The Artist.
Dieu merci, c'était un film muet, parce que là franchement, j'ai vraiment pas envie de l'entendre ouvrir sa grande bouche encore une fois.
Comme quoi, le sexisme attaque dès le matin, sous n'importe quelle forme, à n'importe quel endroit. Moi qui me réjouissais d'entendre parler de Cannes et de cinéma pendant quelques jours - d'autant que deux de mes amis s'y trouvent cette année - voilà que cette pouffe* me casse mon rêve.

*version édulcorée de ce que j'ai dit tout haut en lisant l'article.

Alors un petit mot à l'intéressée:

C'est bien Bérénice, continue à penser que maîtresse de cérémonie, ça fait conte de fée, va te noyer dans ton océan sirupeux de rêves à la guimauve sournoisement paternalistes, amuse-toi bien avec tes petites robes bouffantes et les deux milles coiffeurs qui vont être à tes pieds pendant quinze jours, moi ce soir, je penserai bien à toi en regardant Alien ou Massacre à la Tronçonneuse. (j'hésite encore, mais vu l'humeur dans laquelle je suis, mon choix va peut-être même se porter sur Cannibal Holocaust, qui sait...)

Amicalement, une cinéphage féministe fan de Jean Dujardin qui n'ira décidément pas voir The Artist.