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lundi 22 août 2011

Fun Facts -1-

Time for FUN FACTS!!! (Yey!!!)

FUN FACT # 1
L'Amérique est le pays du cookie, ça, on le savait. Sauf que là-bas, c'est pas assez de manger un cookie au beurre de cacahuète à 300 kcal par milligramme. Non, il faut en plus qu'ils en fassent des sandwiches en mettant de la glace entre deux cookies. Juré!

FUN FACT #2
  Dans les magasins, on range les légumes. Et en rangs d'oignons, s'il-vous-plaît.

FUN FACT #3
A l'exception de la nourriture, les taxes ne sont pas incluses dans les prix notifiés aux clients sur les étiquettes (grâce à une loi californienne dont je ne vois pas l'intérêt). Ainsi, l'Américain moyen est encouragé à ajouter 8,75% du prix de son achat à ce qui est indiqué. Merci la Californie.

FUN FACT #4
Aux passages piétons, ça fait du bruit quand il ne faut PAS passer. J'ai failli mourir au moins 3 fois. 

FUN FACT # 5
L'université de Berkeley (nommée aléatoirement Cal, UCB, et autres surnoms), c'est vachement grand. Exemple: en France, quand on nous envoie d'un bureau à l'autre pour un minable formulaire, il y a en moyenne deux escaliers et trois couloirs entre lesdits bureaux. A UCB, il faut compter au minimum 15 minutes de marche, dehors, entre deux bâtiments chacun de la taille d'un collège français dans lesquels aucun fichu architecte n'a pris la peine d'afficher un fichu plan.

Et quand je dis "fichu", j'euphémise.




L'homme de feu.


Imaginez un désert. Un désert de sable brûlant le jour, glacé la nuit. Des dunes à perte de vue. Des tempêtes de poussière empêchant tout animal non adapté à un tel environnement de voir quoi que ce soit et de respirer sans emplir ses poumons de sable fin. Imaginez ce paysage bicolore, rouge contre azur, scindé en deux par un horizon où aucune civilisation ne point.
Mettez 10 000 personnes au beau milieu de ce désert. 10 000 personnes avec camping-cars, vans, camionnettes, voitures, vélos, tentes, générateurs électriques, bidons d’essences, toilettes sèches et douches hypothétiques. Ces 10 000 personnes, venues du monde entier pour rester, pendant 10 jours, dans ce qui paraît un véritable enfer,  sont toutes liées à l’art, quelle que soit sa forme, son fond, ou sa pertinence. Ensemble, elles vont créer, installer, échanger, apprendre, admirer, rire, inventer, construire, exposer, animer, jouer, tout cela afin de générer la plus grande manifestation artistique des Etats-Unis : Burning Man.
Ce festival, m’a-t-on raconté, aurait commencé il y a déjà plusieurs années dans le jardin d’une maison de San Francisco où quelques illuminés avaient l’intention de faire quelques expériences, notamment d’ordre pyrotechnique. Etant donné le potentiel de risque comporté par une telle activité, les illuminés en question se sont alors décidés à trouver un lieu plus approprié pour mettre en œuvre leurs projets chaque année.
Aujourd’hui, Burning Man se passe dans le Nevada, fin août, et rassemble des milliers de gens dévoués à l’art, chacun à leur manière. Pas de rock-star, pas de grand acteur, pas de groupe phare, pas de sponsor, mais des artistes et des amateurs d’arts, tous réunis et animés par la même passion – et bien décidés à la perpétuer de la façon la plus personnelle possible, la plus ludique aussi.
J’ai eu la chance de rencontrer quelques-uns des acteurs de ce festival : certains ont déménagé à cause de Burning Man, afin de vivre dans des communautés d’artistes à plein-temps, et pas seulement pendant une semaine dans le désert. Tous passent des heures (et parfois l’année entière) à préparer soigneusement des concepts, des projets, des ateliers, des performances, à réunir le matériel nécessaire et confectionner les indispensables costumes qui donnent à Burning Man cet air un peu fou de monde alternatif, parallèle, animé par une énergie et une créativité infinies.
A titre d’exemple, voici un des projets que j’ai vu en cours de réalisation : une boîte en tissu blanc et armature de bois destiné à ceux qu’on nomme ici les « danseurs de feu », ceux qui pratiquent le maniement des bolas, ou pois*. Les danseurs se placent dans la boîte, munis de pois lumineux, de façon à ce que le public, à l’extérieur, voit des ombres chinoises et des boules de lumières.
Alors, le désert naturellement peu accueillant se transforme en gigantesque terrain de jeu pour les milliers de grands enfants qui le peuplent à la fin de chaque été. Je leur souhaite un magnifique festival.


*Les pois (prononcer « poille ») sont des balles (deux, une pour chaque main) attachées à un chaîne dont la longueur varie en fonction des figures que l’on veut réaliser notamment. Elles existent en de nombreuses versions (avec des LED, allongées par des rubans multicolores…), mais les plus impressionnantes sont celles que l’on enflamme pour jongler de nuit. A l’origine, c’est un objet traditionnel venant des Maoris, qui l’utilisent dans certaines danses rituelles.

vendredi 19 août 2011

Remarque.

Chers lecteurs,

Suite à la véritable déferlante d'admirateurs saisis d'un inexpugnable besoin d'exprimer leur immense béatitude face à mes humbles écrits, j'ai modifié les paramètres des commentaires. Maintenant, c'est facile.

(applause)
Merci.

jeudi 18 août 2011

Safari à Oakland, part 1.

Dans l'avion, j'ai donc rencontré la fille qui m'a sauvé la vie: j'explique.
J'avais réservé une chambre chez un américain nommé Robin (non, il ne vit pas dans la forêt avec Petit Jean, et non, il ne vit pas dans une grotte pleine de chauve-souris avec Batman) mais, l'avion ayant pris du retard, j'ai commencé à m'inquiéter parce que j'avais peur d'arriver à San Francisco la nuit et de devoir aller chez ledit Robin toute seule dans le noir avec mes 27 kgs de bagages et déjà 24 heures de voyage dans les pattes. Ayant exprimé ces pensées à ma voisine, nommée Bri (en entier Bri-ann), elle m'a dit qu'ayant été souvent accueillie par des gens là où elle avait voyageait, elle faisait de même avec les voyageurs qu'elle rencontrait, pour rendre en quelque sorte ce qu'on lui avait offert. Elle m'a donc proposé de venir chez elle, c'est-à-dire à Oakland (le pays des chênes, qui ressemble plutôt au pays des usines, mais j'y reviendrai), ville de relativement mauvaise réputation même si c'est pas vrai dans tous les quartiers située au sud de Berkeley.
J'ai donc décidé d'aller loger chez elle, puisque ça me permettait de ne pas me paumer en pleine Californie et d'avoir quelqu'un à qui parler pendant le trajet de l'aéroport jusqu'à mon logement.
Bri est jongleuse professionnelle, proche de la trentaine, blonde avec des couettes, originaire de San Bernardino, près de Los Angeles. Elle vit au sein d'une communauté de jongleurs et autres acrobates, représentants assez caractéristiques de la culture alternative de la Californie. Oui, ils fument pas que des cigarettes (d'ailleurs ils ne fument pas de cigarettes), mais ce n'est pas leur principale occupation (ou alors ils font semblant quand je suis dans le coin).
Cette communauté a investi un quartier industriel d'Oakland absolument désolé, parcouru de grandes routes, de maisons en ruines et de stations essence. Ce quartier a été réhabilité, et malgré sa mochitude assez frappante, tous ces artistes semblent très bien vivre. Et dès qu'on se balade dans le labyrinthe des lofts construits à la place des usines, on comprend pourquoi. L'extérieur ne paye pas de mine (voir photo 1) mais dès que l'on entre dans ces espaces très lumineux et aux plafonds très élevés, l'atmosphère devient tout de suite plus agréable. Tous les lofts sont reliés entre eux par un dédale invraisemblable de couloirs: à tous les coins ou presque on croise un panneau EXIT mais on espère ne jamais être coincé là par un incendie, parce qu'il est impossible de retrouver son chemin... Tous ces couloirs sont décorés des créations (photos, tableaux, sculptures et autres affiches) des habitants, qui ont pour dénominateur commun d'être très cools, accueillants, et d'avoir chacun une personnalité souvent originale et toujours affirmée. Les dreadlocks côtoient ainsi gaiment les crêtes punks, les ongles crochus (et légèrement effrayants) des gothiques métalleux ou encore Andrew, un coloc de Bri, qui portait un quilt noir et des bottes noires compensées, tenue tout à fait inattendue mais assez marrante, au final. Tout ça jongle, joue de la musique, ou pratique un art du cirque (de l'acrobatie à la clownerie) tout en écoutant du dubstep (sous-genre de l'électro originaire de Londres particulièrement appréciés des Homo Californius) et en parcourant le monde entier (sans rire, vraiment) pour aller à des festivals et des rencontres entre artistes.


Ci-dessus, l'entrée du loft (à droite), son étage (le rez-de-chaussée est une gigantesque salle d'entraînement pour jongler mais aussi pratiquer les tissus aériens, l'activité de Naomi, une autre coloc de Bri), et une photo qui résume assez bien le quartier...

Faux départs

Me voilà donc partie à l'autre bout du monde, vers l'Ouest, le vrai. Partir, c'est un peu ce à quoi se résume l'existence, je suppose. J'ai quitté Rennes, la prépa, puis Lyon, les amis, la famille, puis l'Angleterre... L'important n'est sans doute pas là. Il est plutôt dans ce qui se passe entre tous ces départs, géographiques ou symboliques, et dans ce qui nous pousse à partir.
L'une des motivations les plus importantes, c'est le voyage. Evidemment.
 Voilà le premier avion que j'ai pris, il était tout petit. C'était la liaison Londres-Düsseldorf. J'ai dormi parce qu'à côté de moi il y avait un type pas sympa.

L'avion qu'on devait prendre... et en fait non.
 Ensuite on a pris un avion plus gros. Et quand tout le monde a (enfin) embarqué, on nous a fait sortir de l'avion. HAHAHA. Donc retour au terminal et attente d'environ une heure, pendant laquelle j'ai fait connaissance avec la fille qui m'a sauvé la vie (mais ça c'est le prochain article).
C'est blanc, lavé avec Mirlaine. Si, si.
 Pendant le trajet (d'un peu plus de onze heures, yeuk), j'ai pu prendre quelques photos de dehors, mais c'était limité au niveau du réglage des éclairages et du cadre. En plus, les pilotes ont pas voulu me laisser faire un tour sur l'aile de l'avion (bah quoi, j'avais le hublot qui donnait sur l'aile droite, où on pouvait facilement faire tenir 40 personnes au moins!) au prétexte que comme on passait par le Groenland, il faisait - 52° C dehors. Pfff.
Le pôle Nord. Nan c'est pas vrai.
 Heureusement, l'hôte de l'air (mon Dieu c'est moche mais bon) était sympa (mais il avait des grosses veines sur le crâne) et on a bien mangé. Derrière la fillequim'asauvélavie et moi, il y avait un type complètement bourré au Bailey's qui avait visiblement réussi à embarquer de l'alcool dans l'avion, alors l'équipe lui a dit qu'il avait pas le droit, et ils lui ont quand même filé des trucs à boire pendant le vol. Le type en question s'appelle Dhruv (oui, et même que c'est lui qui s'est lui-même nommé, mais j'ai pas demandé des explications parce qu'il parlait fort et qu'il embêtait tout le monde à gigoter partout), Dhruv donc, qu'il faut prononcer comme "groove", mais avec un D au début. C'était à peu près la seule chose intéressante qu'il est parvenu à déblatérer.
Il m'a donné son email et son numéro de téléphone, prétendant qu'il avait plein d'amis qui pourraient m'aider à trouver un logement, mais je crois que je ne vais pas lui écrire du tout. Même pas pour lui dire que j'ai trouvé une maison.

San Francisco, at long last.
 Et donc après 11 heures de dormir/manger/regarder par le hublot, le pilote nous a annoncé qu'on arrivait au-dessus de San Francisco. Alors moi, normal, je me colle au hublot, geste qui s'est révélé tout à fait décevant car la baie de SF est couverte de brouillard. Mais, précisons-le, un brouillard américain, par une brume bretonne, ni même nordique. Là, nous parlons d'un voile de coton complètement opaque qui fait que, quand on est au-dessus, on voit rien en-dessous, et vice-versa. Un instant, j'ai cru que je ne verrais jamais directement la lumière du soleil pendant un an et j'ai eu un peu peur.

Mais heureusement, ça se dégage vers 10 heures le matin, et après, comme j'ai pu le constater hier, le temps est radieux (pas un nuage à l'horizon de Berkeley).
Bref, le voyage s'est bien terminé, et après un peu d'attente à la douane, je suis tombée sur un type sympa qui m'a dit que Oakland (la ville où je reste pendant quelques jours le temps d'emménager), c'était comme Mogadiscio, et qu'il fallait que je fasse attention. Mais c'était pour rire, hein.

 Voilà pour l'avion, suite des aventures dans un autre article consacré à Oakland et les gens que j'y ai rencontrés.