Une erreur est survenue dans ce gadget

samedi 31 mars 2012

Des mots sur ce mal

Sur Twitter a été lancée une campagne contre le viol. 
Voici une partie de ces courts témoignages. 
Aucune de ces femmes n'a porté plainte. 
Combien n'osent toujours pas briser le silence qui les entoure?
A la lecture, on constate qu'une bonne partie de ces viols auraient été dénoncés si les mères (oui surtout les mères, c'est effroyable mais vrai), les proches, les amis, les policiers ou les psys (Ah! la belle affaire!) n'avaient pas été les complices des coupables. 
Combien d'hommes dorment sur leurs deux oreilles ce soir... pendant que leurs victimes sont aux prises avec elles-mêmes, seules face à leur incommunicable traumatisme. 
Le silence n'est pas une solution. Parlez, écrivez, et faites passer ces mots nécessaires. 
Il faut guérir.

vendredi 30 mars 2012

La chanson la plus mignonne du monde!!!

Je bulle.

MOI

Alors on va commenter façon Eglantine: qu'elle est toute mimi avec son bô chapeauuuu! Voilà. ET C'EST VRAIMENT PARCE QUE JE SUIS LOIN ET QU'IL EST TROP COOL EN VRAI CE CHAPEAU, QUE JE VOUS LE MONTRE.


jeudi 29 mars 2012

Conclusions du jour.

Après avoir péniblement continué la rédaction de mon mémoire, voilà les réflexions/découvertes du jour (oui, j'arrête de bosser maintenant, parce que ce soir, c'est San Francisco avec les copines d'abord):

1. Si Freud avait été lesbienne, la psychanalyse aurait pas eu la même gueule.

2. Pur délire de Camille, encore et toujours ma chanteuse préférée de la mort qui tue (pas du tout parce qu'elle a fait une prépa et qu'elle était flûtiste hein)


3. Un conseil lecture, je crois que j'en ai déjà parlé mais je sais plus en fait: Judith Butler, Trouble dans le genre. Un ouvrage d'yeux essentiel sur la sexualité, les femmes, la vie, le bonheur, tout ça... Nan, sérieusement, je révère cette femme, elle est juste TROP intelligente c'est dingue.

4. Sur ce, je vais (enfin) m'acheter mon chapeau (youpi).

Salutbisousàlaprochainetchaobondimanche!

AAAARGH (cri à la Conan le Barbare)

J'ai mis DEUX HEURES pour installer une imprimante sur mon ordi.
 ***
Pour quatre feuilles. (nan je précise la futilité du truc quand même quoi)
***
Heureusement qu'hier j'avais appris un chant de marin pour m'occuper, parce que putain (désolée mais c'est genre un millième de tous les mots que j'ai utilisés à l'encontre de Windows Update, qui n'update QUE DALLE, ce *$?!** de logiciel à la £*§!?#**).
Bref, en bonus, vous avez donc, le fameux chant de marin. Hyper simple, je vous le traduirai, promis, mais là j'ai UN PEU perdu du temps donc heu voilà HEIN. 
Il a été repris mille fois, donc je mets la version qui correspond le plus à l'état dans lequel je suis. (et en plus c'est hard rock ce matin parce que je porte mon T-Shirt de The Who. Là.) ROCK OOOON!

mercredi 28 mars 2012

Lily - Téléphone - Maison

Une crêpe beurre-sucre et ça = retour en Bretagne garanti, où que vous soyez, même si vous êtes pas Breton-ne.
ENJOY.

Je sais pas trop pourquoi, mais ça fait mal au ...

En naviguant dans les profondeurs twitteresques à la suite d'un vague élan d'intérêt pour la campagne présidentielle française, j'ai découvert que Nadine Morano était fan d'Hélène Ségara. 
Les mots me manquent pour exprimer l'état dans lequel je me trouve en ce moment. Désespoir est un peu faible. Je peine à choisir entre désarroi, désillusion, cynisme, et vomi.

mardi 27 mars 2012

Un cadeau de moi à moi. Comment me remercier?

Je vais m'acheter un chapeau (celui que j'ai vu avec Julie) parce paraît-il que j'ai une tête à chapeau ET il pleuviote (pas de quoi prendre un parapluie mais bon les capuches ça fait caille quand même). 
Tout financement dudit achat en guise de cadeau d'anniversaire est bienvenu. Gné.

dimanche 25 mars 2012

sine qua non

Beethoven, James Ellroy, et du Pinot noir.
Que dire de plus?

samedi 24 mars 2012

Rampart, le film qui aurait dû être autre chose...

Rampart, tir à vue.


Tombée dessus par hasard (merci Internet), j’ai découvert Rampart ce matin. A peine avais-je eu le temps d’entrevoir le nom de James Ellroy dans l’article qui évoquait ce film (il a co-écrit le scénario, ai-je appris une fois dans la salle de cinéma) que je me ruais vers le ciné le plus proche pour assister à la séance de 14 heures. Bien m’en a pris. Non seulement parce que pour moi c’est un peu du travail (puisque c’est co-signé Ellroy), mais parce qu’en plus, c’est très bien par un jour de pluie qui donne envie de se terrer dans l’ombre tout l’après-midi.
Evidemment, voir du Ellroy n’est pas en lire.
Evidemment, j’ai été déçue.
Mais en même temps, tout n’est pas à jeter, loin de là. Premières impressions.

Dans les murs de la ville.

Rampart, c’est le nom d’une division de la police de Los Angeles tristement célèbre pour être fidèle à la réputation du LAPD (et c’est peu dire qu’elle est mauvaise, rappelez-vous de Rodney King). Bienvenue dans un monde où, sous les palmiers et le soleil éclatant, les uniformes sont plutôt à éviter – et ne les appelez pas à votre secours si vous êtes Noir ou Hispanique, ça leur fait un prétexte pour vous mettre en garde à vue façon OAS au bon vieux temps de la guerre d’Algérie.
Dave Brown est de ceux-là : les flics à l’ancienne, qui ont tout appris au Viêt-Nam, et qui ne sont pas prêts à laisser tomber les vieilles méthodes. C’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes… En ce qui nous concerne, c’est en fracassant les vitres avec le crâne d’un suspect qu’on obtient les meilleures informations (cf la deuxième scène du film). Ce qui ne pose de problème à personne, puisqu’ici la corruption et les arrangements politiques font loi. Les applaudissements sont donc de rigueur à la moindre « bévue » d’un collègue respecté…
Le Los Angeles du crime, surtout chez James Ellroy, et donc dans ce film, c’est un entre-mondes, sans Dieu ni maître, une jungle où pour survivre il faut retrouver l’instinct primal, dompter la mort qui rôde, en chasse, menant calmement son petit jeu de massacre, et faisant sombrer dans les affres de la folie ceux qui parviennent (croient-ils, les innocents) à lui échapper. L’ultra-urbanisation du milieu produit l’effet inverse de celui attendu : un retour forcé, violent à la Nature. Celle où l’homme ne peut s’en remettre qu’à lui-même, car la justice a quitté les lieux depuis longtemps, depuis qu’elle a ôté son bandeau et vu l’enfer. La seule à être restée aveugle, obstinément, froide et cruelle, c’est la Mort. Ce qui ne veut pas dire qu’elle est juste. Quand Dave Brown caresse son visage avec son revolver, on sait que le suicide n’est pas une option : il ne peut pas choisir cette mort, car ce n’est pas une mort d’homme, et encore moins une mort de flic (le seul policier à se suicider dans le Quatuor de Los Angeles a d’ailleurs de sérieux problèmes avec son homosexualité, en plus de s’être mis à dos la pire ordure de toute la série d’Ellroy). La mort joue avec lui, lui fait signe sans jamais s’approcher alors qu’il demande grâce. Elle le met à genoux, l’abat dans sa dignité de père (si tant est qu’il en aie jamais eue), l’humilie en le traînant dans la boue médiatique et politicarde (ah ! ces discussions avec Sigourney Weaver, impeccable et implacable !) pour mieux le laisser agoniser seul dans un purgatoire qu’il connaît trop bien pour l’avoir écumé tout au long de sa carrière de flic pourri jusque dans ses principes, aveuglé par des valeurs à double tranchant.

Un loup dans la bergerie.

Dave Brown, au service, est surnommé « Date Rape ». Charmant surnom faisant référence à une sombre affaire pas très bien résolue dans laquelle il aurait ou pas tué un violeur récidiviste (qui donnait rendez-vous à ses victimes, d’où « date rapist », d’où le surnom).
Dès les premiers plans, collés au visage du héros (Woody Harrelson dans une de ses meilleures interprétations), on comprend à qui on a affaire. Une sale gueule impassible, vaguement tordue, qui suggère presque un passé de boxeur (encore un clin d’œil aux autres héros ellroyiens), masquée par ses impassibles lunettes noires (Terminator, nous voilà) pour mieux ignorer la ville poisseuse, ses putes, ses drogués, ses macs, ses clodos en fauteuil (Ben Foster dans un second rôle sur le fil) et tous les autres clampins qui mériteraient bien une correction. Lunettes qui lui évitent aussi de trop se regarder dans un miroir, parce que c’est pas joli joli, comme dirait l’autre. Alors comme visiblement monsieur n’a pas beaucoup de recul sur son abjecte personnalité (comme d’habitude), les femmes se chargent de nous montrer de quoi il est fait à l’intérieur, tout en lui mettant le nez dedans.
Dave Brown, lui dit sa propre fille dans un élan de vérité salvateur, est (pas dans l’ordre) « un misogyne raciste, homophobe, un coureur de jupons invétéré, un violent, un assassin misanthrope et corrompu ». La liste est longue (il est possible que j’en aie oublié), et en effet, le portrait est à charge. Dave Brown est un sale type de première classe, à l’attrait magnétique quoique pas systématique. Puisqu’il n’avait pas 500 pages pour cerner l’homme, Ellroy a planté son personnage tout droit sorti de l’après-guerre en 1999 et nous fait profiter de l’anachronisme en l’encerclant de femmes, à commencer par la présence extrêmement surprenante (pour un-e- lecteur-rice- d’Ellroy) d’une policièrE dans l’équipe de Dave Brown. Evidemment il n’y avait pas de femmes dans le LAPD des années 40/50 (univers habituel de l’écrivain). En introduire une ici permet de faire jaillir l’atrocité de Brown en deux minutes : c’est un salaud conservateur qui n’a rien à faire dans la police du 21e siècle (d’ailleurs, nous sommes en 1999, parce qu’un policier comme ça ne peut exister dans les années 2000). Avant, le LAPD, c’était quelque chose, explique-t-il à la nouvelle arrivante, déjà pas à l’aise face à ce visage dur et buriné où l’on sent pointer un profond mépris. « Maintenant », conclut-il, « le LAPD, c’est… toi ». Aïe. 

En plus d’être un flic haïssable, Dave Brown se la joue grand séducteur (enfin, sauf quand il se prend un double râteau par ses ex, mais je reviendrai sur sa famille dysfonctionnelle dans la troisième partie). Et c’est pour ça qu’on l’aime. Pourquoi cette ordure pareille attire-t-elle autant les femmes ? La douleur se lit sur son visage. Le désir aussi. Un désir brut sans autre but que sa propre jouissance, quelque soit le moyen (comprendre la femme) d’y parvenir. Ce que sa première amante comprend, un peu tard, lorsqu’elle rallume la lumière et que Dave Brown se cache les yeux avec un oreiller. Non chérie, tu ne seras pas la femme de sa vie. Là où il est, personne ne peut le sauver. Et de toute manière, la rédemption arrive rarement après une nuit alcoolisée passée avec une inconnue (mais que voulez-vous, certaines femmes sont ainsi faites qu’elles ne voient pas cette évidence). Heureusement, d’autres femmes entretiennent des relations un peu plus complexes que cela avec Dave Brown : surprise, il n’a pas l’apanage de la domination…

Un mouton dans la meute.

Si Los Angeles est un jungle, Dave Brown n’est pas le seul fauve à sévir en toute impunité (ou presque). Il y a aussi des lionnes. Des lionnes et une tigresse.
Les lionnes, c’est sa tribu, un peu originale, composée de ses ex et leurs filles. Précision : les ex de Dave Brown sont sœurs. Ses filles sont donc, comme il l’explique à sa plus jeune (et sous nos yeux ébahis, quoique depuis le temps, ce genre de structure familiale semble presque normale chez Ellroy…), à la fois demi-sœurs et cousines. Allez comprendre… Tout le monde vit ensemble et s’entend à peu près bien. Enfin, on se rend assez vite compte de l’alliance des femmes contre Dave : dans la maison, c’est aussi la jungle, alors elles se protègent de la source du chaos. Dans cet univers féminin, Dave Brown est le seul élément qui corrompt l’harmonie régnant, tant bien que mal, parmi ces femmes et jeunes filles. Toutes tentent de vivre, d’être heureuses, de se (re)construire dans ce refuge pacifié en surface, mais tout semble au bord de l’effondrement quand Dave la Tornade déboule, passablement ivre, s’effondre sur le divan une bière à la main, faisant de misérables tentatives de déclaration d’amour à ses filles. Seule la plus petite a encore l’indulgence de l’écouter. Alors, au dîner, le lion se glisse au milieu des femelles pour quémander satisfaction sexuelle. Les sœurs se marrent, fortes de leur union et de leur complicité sororales. Dave, pour elles, c’est du passé. Ce qui compte, c’est leurs filles. Il n’y a plus d’amour là où autrefois Dave le Séducteur a sévi. A peine de l’affection, vite muée en colère et en pitié au fil de sa descente aux enfers (mais a-t-il jamais été autre part ?). 

Elles ne sont pas les seules à prendre leur revanche sur celui qui a su profiter de leur faiblesse. La tigresse est avocate, mais elle ment et prétend le contraire. Et Dave la croit, tombe dans le piège. Il s’engage alors dans un jeu dangereux, où il pense avoir la main, à tort. Elle se laisse prendre, puis tente de s’en aller : initiative surprenante qui aurait dû mettre Dave sur ses gardes. Elle endort ses soupçons et son flair pour mieux le posséder par la suite. Le laissant seul, encore une fois, face à lui-même. Douloureux parcours que celui du salaud solitaire sans recours face à la malédiction absolue qui s’acharne contre lui.
Tout le film nous livre son visage, ignorant Los Angeles comme si ce n’était pas une ville mythique, tentant sans cesse de percer la masque d’inhumanité de Dave Brown. Moins qu’une pesanteur, c’est une attraction constante qui s’en suit. Attraction vers ce personnage repoussant sous tous les angles, le spectateur non plus ne peut y échapper. 

Mais le vrai piège, c’est sur Dave Brown qu’il se referme. Pris dans les griffes acérées d’un engrenage qu’il peine à comprendre, des forces supérieures anonymes qui ont décidé qu’il devait mourir. Pas la peine d’en chercher la raison, car si quelque chose dirige cette mécanique, c’est le pouvoir. Le pouvoir ivre de lui-même, jusqu’à l’absurde. Alors tout perd sens. Si Dave ne parvient pas à prendre la mesure de ce qui lui arrive, il sait où cela mène, et agit en conséquence, se blinde, se ferme à tout espoir, avec une douleur froide et consciente de sa mort symbolique – la mort de sa carrière de flic, la fin de son honneur. Puisqu’il n’est plus rien, plus personne ne compte, pas même les vieux amis, qu’aucun élan de compassion ne viendra sauver. Sable brûlant d’où une main ridée émerge, en vain, et retombe.

***

Rampart est la chute inattendue et brutale d’un homme déjà bien loin du paradis, pour peu que ce dernier existe. Un flic qui se croyait protégé par sa propre violence, jusqu’à ce que ceux qui lui ont donné la bénédiction pour en user et en abuser se lassent de leur vilain jouet. Alors, la tristesse fait surface dans un océan de rage contenue et d’impuissance face à des ombres qui dépassent l’homme, le laissant seul, à contempler les ruines de son existence. C’est là la force d’Ellroy : il ose faire pleurer des blocs de violence pure, il les pousse à bout, sans pitié, ne les lâche pas d’une semelle (comme la caméra), leur tourne autour comme un rapace en mal de charogne à dépecer et ouvre leurs entrailles pour les vider d’un torrent d’émotions brutes. Et c’est là la faiblesse du film : on sent rugir la puissance du scénario sous la pellicule sans que cette dernière la mette en place complètement. Les meilleurs moments ne sont que l’écume de ce qu’Ellroy peut offrir de violemment beau et d’intensément féroce ; et l’on se prend à regretter que tout cela ne soit pas un roman…

vendredi 23 mars 2012

Et pendant ce temps-là en Amérique...

... Lily lit Jean Baudrillard, réfléchit et rit avec lui au lieu de faire ses devoirs (eh, c'est mieux que de regarder la tévé, hein).

Pensées glanées au fil du troisième volume de Fragments, Cool Memories, de J. Baudrillard. 


Pour l'écriture, c'est comme le reste: il faut tirer plus vite que son ombre. C'est une sorte d'acte réflexe, qui est fini avant d'avoir commencé. Et qui ne laisse pas de traces (lorsque c'est réussi). Parce que c'est l'objet qui fait le travail, en quelque sorte. Parce que les choses trouvent d'elles-mêmes leur articulation. Mais la contrepartie de cette sorte d'écriture automatique, d'enchaînement sans effort, qui réalise ce qui était l'évidence même - la contrepartie est un passage à l'acte de plus en plus difficile. Il n'est pas vrai du tout que l'expérience d'écrire ou de parler facilite l'exercice. Elle le rend de plus en plus angoissant.

***

Raconter n'importe quoi à quelqu'un, c'est le transformer en n'importe qui. C'est exactement le travail de l'information.

***

Les politiciens de gauche et de droite sont également nuls. Mais ceux de gauche s'épuisent à moraliser leur dépression, ils ne sont pas à la mesure de leur corruption réelle. Tandis que le libéralisme affranchi sert aux gens de droite d'intelligence à la mesure de cette situation déprimée. 

***

La fatuité française va jusqu'à prétendre que le nuage de Tchernobyl n'a pas franchi nos frontières. Nous sommes un tel sanctuaire de la Culture et des Droits de l'Homme (de la Révolution, la vraie) que le nuage mortel venu de la fausse révolution (la soviétique) ne saurait nous atteindre. Pas plus que la vilenie internationale: la mafia, les scandales, partout ailleurs, jamais en France. Tout juste si nous acceptons quelques petites catastrophes naturelles, mais pour le reste, la Nature, que nous avons inventée au XVIIIe siècle, ne saurait nous en vouloir.

***

Les campus américains: ils sont, comme Disneyland, une micro-cité idéale, l'idéal type artificiel d'une biosphère intellectuelle. Comme toute réalisation idéale, ils finissent par secréter une contrainte féroce - le politically correct - et une intoxication interne avec ses venins et ses endomorphines.

***

J'ai rêvé d'une tempête conceptuelle de force cinq qui soufflait sur le réel dévasté.

***

L'homme se jette dans la benne à ordure en criant: "Je suis une ordure!". On l'arrache, il s'y jette de nouveau en criant: "Je suis une ordure!". Il avait perdu l'usage de la métaphore.

***

Keep objects as a system
Keep production as a mirror
Keep death as an exchange
Keep the world as a simulacrum

Keep the evil transparent
Keep the majorities silent
Keep your seduction alive
Keep your memory cool

Keep yourself as an other
Keep perfection as a crime
Keep illusion for the end
Keep on line for the while

***


Comment sauter par-dessus son ombre
Quand on n'en a plus?

C'est les vacances.

Hier soir, c'était le début des vacances.
Alors j'ai regardé les Visiteurs, et j'ai mesuré l'ampleur du dépaysement linguistique que je subis depuis août.
J'ai eu l'impression de redécouvrir la langue française en regardant Godefroy le Hardi dépecer consciencieusement une voiture de La Poste à la masse puis à l'épée et entendant Jacquouille vociférer avec force dubitation, indiquant le sigle bleu sur la portière:
"Mais à quelle famille appartient cet écu?"

Ca me donne envie de me replonger dans l'héraldique et de relire la Princesse de Clèves, tiens.

mardi 20 mars 2012

Groupie un jour groupie toujours

Moi d'abord, et ben je vais aller voir Roger Waters en concert à San Francisco avec mon coloc Pablo. 
J'AIME BIEN LES STATES MOI.

OhMonDieuOhMonDieuOhMonDieu(hyperventilation)

Roger Waters fait un concert le 11 mai 2012. 
A San Francisco. 

HIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII
!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

dimanche 18 mars 2012

Et sinon

J'ai vu John Carter, la dernière collaboration Disney/Pixar. 
C'est nul.

En très court: la princesse est complètement neuneu (comme d'hab) et l'acteur principal a probablement un niveau de jeu inférieur à Robert de Niro lorsqu'il était encore dans le ventre de sa mère. Les effets spéciaux sauvent la mise, m'enfin quand même, FAUT PAS POUSSER MEME DANS LES ORTIES. 

Voilà, sur ce, bonne semaine!

Résumé du week-end.

J'ai un bleu en constante extension sur environ le tiers de mon genou. C'est assez fascinant, bien que douloureux. Et il y a une bosse avec. Ne me demandez pas comment c'est arrivé, m'en souviens plus. (faut dire qu'avec la boxe, je fais plus vraiment attention quand je me fais mal)

Sinon, il s'est passé plein de choses que je ne peux pas raconter ici, et dont vous ne saurez donc RIEN. VOILA.

bisous quand même,
Lily.

mercredi 14 mars 2012

A venir

Une chronique cinéma bientôt, mais là il faut que je dorme, il me reste la moitié à écrire. Sinon, aujourd'hui, j'ai mangé du foie dans un restaurant où Hitchcock est passé. Je me suis sentie un peu plus proche d'Hannibal Lecter (mon héros).
A part ça, il pleut. A côté, la Bretagne, c'est du pipi de chat! (comprendre, les gouttes ne sont pas KING SIZE et la durée moyenne d'une averse n'est pas de 22 heures...)
Mais je m'en fiche parce que j'ai des belles bottes et j'ai trouvé (miracle) un parapluie à un arrêt de bus. EH OUAIS.
Allez, salut à plus,
Lily.

Minute groupie

 Ceci est la liste des gens qui ont mangé dans le restaurant où j'ai réservé une table pour ce midi. Ca s'appelle John's Grill, c'est trop bon, c'est là où le Faucon Maltais a été tourné (avec Bogart) et c'est un des plus vieux restaus de la ville!!!! MIAM.

Alfred Hitchcock
Robin Williams
Howard Stern
Arianna Huffington
Judge Lance Ito
Dr. Robert Jarvick
Steve Jobs
Jack Kemp
Cheech Marin
Willie McCovey
House Speaker Nancy Pelosi
Anthony Quinn
Ann Rockefeller
Vidal Sasoon
Telly Savalas
Tommy Lee
Shirley Temple
Gore Vidal
Bill Walsh
Andy Warhol
Wim Wenders
Marlon Brando
Bill Gates
Johnny Depp
Joe Montana
Steve Young
Nate Thurmond
Jerry Lewis
Olympia Dukakis
George Lucas
Don Johnson
Lauren Bacall
Alice Cooper
Dino De Laurentiss
Liz Claiborne
Joe Di Maggio
Lillian Hellman
Julia Child
Truman Capote
Francis Ford Coppola
Lucie Arnaz
Senator Dianne Feinstein
Senator Barbara Boxer
Michael Caine
Geoffrey Beene
Bill Blass
Ronald Reagan
Senator Bill Bradley
Sophia Loren
Matt Dillon
President Gerald Ford
First Lady and Secretary of State Hillary Clinton
Luciano Pavarotti
Billy Joel
Brian Wilson
Orlando Cepeda
Robin Williams
Emile Hirsch
Michael Caine
Geoffrey Beene
Bill Blass
Ronald Reagan
Senator Bill Bradley
Keanu Reeves
Renee Zellweger
Vice President Al Gore
President Stefanopoulos of Greece
President Zedillo of Mexico
Baroness Philppine de Rothchild
Derek Jeter
Sharon Gless

mardi 13 mars 2012

Identité nationale (je me marre)

Depuis qu'on a collé ensemble les mots "identité" et "nationale" et qu'on polémique là-dessus à n'en plus finir, je me sentais bien incapable d'avoir une opinion à ce sujet et je m'étais donc assise dans un coin à l'abri des débats, parce que je sais pas vous, mais moi ce que je retiens de toute cette histoire, c'est que j'y ai jamais rien compris.
Je ne sais pas non plus ce que c'est qu'être française, pas plus dans mon cas que dans celui des autres, et j'ai l'impression que je le sais de moins en moins (surtout depuis que je suis temporairement "expatte"). Récemment je me souviens m'être fait la réflexion que s'il fallait vraiment me mettre dans un catégorie, je choisirais celle intitulée "Bretonne euro-méditerranéenne". Pour ce que ça aide, franchement, les catégories... je me demande bien pourquoi depuis le temps personne n'a compris que les cases n'arrangeaient personne et compliquaient tout.
Mais bon, reste qu'à l'étranger, quand on se présente, on dit bien qu'on est français (en plus je serais bien en mal de traduction pour "Bretonne euro-méditerranéenne"...). Eh bien concrètement et en ce qui me concerne, ça ne fonctionne pas. Je ne me sens pas française quand je suis à l'étranger. Je me sens plus française (et coupable de l'être) quand je suis en France en train de faire de l'aide aux devoirs dans un lycée de "banlieue" de Lyon face à des élèves FRANCAIS qu'on s'obstine encore à appeler "issus de l'immigration" et qui parlent en utilisant ostensiblement des termes arabes pour que je ne comprenne pas. Ils me mettent le nez dans ma nationalité et je n'aime pas ça. Mais je ne les blâme pas. Je les comprends, et je me dis qu'ils doivent souffrir beaucoup d'être français, mais seulement à moitié reconnus comme tels.


Moi, à côté, j'ai de la chance: c'est l'étonnement quand je mentionne mes ancêtres espagnols. Dans mon cas comme dans celui des lycéens mentionnés auparavant, il y a un même problème (qui n'a pas les mêmes conséquences dans la société, la comparaison a ses limites): la case dans laquelle les gens nous mettent ne nous convient pas. Eux voudraient être vus comme français, moi je voudrais qu'on arrête de me le rappeler. Je ne me victimise pas: j'ai de la chance, je ne souffrirai jamais du racisme, je n'aurai pas à me battre contre ma couleur de peau pour me construire, je n'aurai pas à subir le regard de l'homme blanc, je ne connaîtrai pas la colère qui en découle.

Ce que je veux dire, c'est que si personnellement je crois que la question de la nationalité ne fait pas sens dans un monde comme celui que nous connaissons, reste que l'on doit s'en accommoder, en attendant le jour où les gens se ficheront de savoir d'où l'on vient. Autre argument en faveur de cette catégorisation: j'ai bien une culture française. Grandir dans un pays influe sur la constitution de notre savoir et de nos acquis sociaux, et cela change en fonction de l'endroit où l'on se trouve. Suis-je française? En anglais, je ne me présente jamais comme "French": je dis "I'm from France". Nuance importante difficile à traduire adroitement en français (je suis de France? née en France? je viens de France?): je me réclame d'un pays sans utiliser un adjectif qui qualifie et donc définit profondément mon être. J'en fais une simple caractéristique accidentelle, pas essentielle. Et cela compte beaucoup, d'autant plus à l'étranger.
Cela compte ici parce que je me rends compte (et je ne suis pas la seule à faire ce constat, ce sont aussi les autres qui m'en font prendre conscience!) que je suis assez (pour ne pas dire très) différente de tous les français que j'ai pu rencontrer et qui ont mon statut (même visa, même type de séjour, même niveau d'étude, etc) et sont dans ma tranche d'âge. Je les ai soigneusement évités pendant le premier semestre, et puis cet hiver j'ai commencé à en croiser quelques uns - épisodiquement. Toutes ces rencontres n'ont fait que conforter mon sentiment: je ne fais pas partie de cette communauté. Vraiment pas.

Ce constat m'attriste pour deux raisons: il renforce l'idée qu'il y a bien une notion "d'être français" à laquelle je n'appartiens pas. Deuxièmement, toutes ces rencontres m'ont mise en général très mal à l'aise, j'ai eu honte de mes compatriotes - ou plutôt, de leur comportement.
Ces impressions intimes, je pourrais aisément les balayer d'un revers de la main en me disant que ce sont des stéréotypes et que je caricature, que c'est facile d'être méchante et de critiquer gratuitement. Seulement voilà: les commentaires de mes amis confirment totalement mon sentiment de détachement total par rapport à la communauté française. Même en mettant à part le mépris totalement critiquable que j'ai parfois pour certains français quand je suis témoin de leur comportement, il reste des faits que je ne peux pas ignorer - et quand je le fais, les autres ne se privent pas de les rappeler.
Ma première différence, aussi futile qu'elle puisse apparaître, est aussi très évidente dès les premiers moments dans n'importe quelle rencontre: c'est mon accent. J'entends déjà certains dire: "oui, mais attends, toi tu as fait de l'anglais toute ta vie, tu as des facilités, blablabla". A cela je répondrai que d'une part, j'ai un accent français, peu prononcé certes, mais bien présent. Deuxièmement, vous m'expliquez pourquoi TOUS (j'insiste, 100%) les Allemands que j'ai rencontrés, également tous étudiants (master, thèse) en sciences, ont un niveau en langue égal voire supérieur au mien?? Ce n'est pas que je suis bonne en anglais, c'est surtout que la plupart des étudiants français sont mauvais en langues. On pourra blâmer à raison le système éducatif français qui ne privilégie pas autant l'anglais qu'en Allemagne (autre débat) mais j'aimerais souligner la différence d'attitude culturelle face à l'anglais et, plus généralement, face aux Etats-Unis.
Les Allemands, plus modestes par rapport à leur propre langue, mettent un point d'honneur à parler anglais clairement, et à un niveau bon, voire très bon, parce que c'est un outil essentiel dans leur métier mais aussi une question de respect pour la culture qui s'y rattache (et donc pour les gens). L'accent importe peu tant que la prononciation est bonne.
Chez les Français non étudiants en littérature anglaise/américaine (c'est-à-dire beaucoup de gens!), AUCUN n'a une prononciation correcte. Je ne parle pas de leur accent, par ailleurs très apprécié outre-Atlantique, mais bien des règles de base de phonétique, pas toujours faciles à maîtriser certes mais tout de même plus assimilable pour un Français que des sonorités chinoises! Ce serait comme parler français en refusant de prononcer des sons correctement, moins parce qu'on ne peut pas que par flemme.
Ca m'énerve, et il n'y a pas que moi, parce qu'au bout d'un moment, on ne comprend pas ce que les Français disent! (oui, souvent ici, je ne comprends pas les Français qui parlent anglais, pourtant j'ai l'habitude d'entendre cet accent! C'est dire)

Autre comportement systématique chez les Français et assez rare chez les autres étudiants étrangers: dès qu'il y a deux Français ensemble, ils parlent français. Même s'il y a des Américains autour. Charmant, n'est-ce pas? Grâce à eux, les Français passent pour des impolis notoires, si bien que lorsque j'ai rencontré Neela, une Allemande récemment débarquée à Berkeley, la conversation a été la suivante:

Elle: "Alors tu viens d'où? Tu es Allemande aussi?"
Moi: "Non, non, je viens de France!"
Elle: " Ah bon, ah on dirait pas dis donc! D'habitude les Français parlent tellement mal anglais qu'on les repèrent facilement!"

J'ai bien été obligée d'opiner du chef... pas sans être gênée, mais que pouvais-je répondre? Elle n'est pas la seule à croire que je suis allemande. Environ 60% des gens placent mon accent du premier coup, les autres hésitent, ne trouvent pas toujours et finissent par me demander. Dans tous les cas, la remarque "ah c'est marrant, tu parles vachement bien pour une française" arrive, à un moment ou à un autre... flatteur pour moi, mais pas pour les Français.

TO BE CONTINUED

Et toc!

 ***

Jésus a marché sur l'eau avant moi, 

Mais lui, il avait pas des bottes.


***

dimanche 11 mars 2012

Pourquoi faire gras quand on peut faire gras et sucré?

Meilleur que le beurre de cacahuète? 

LA GLACE au beurre de cacahuète.

Ou plus précisément la glace Ben & Jerry's nommée "What a Cluster" (ma traduction: "Ca craque!") avec de la glace au beurre de cacahuète, of course, agrémentée de (attention) bris de caramel (miam) et de spirales beurredecacahuètesques et marshmallowantes. C'est-y pas merveilleux?
Merci Ben, merci Jerry.

samedi 10 mars 2012

Ce soir c'est disco.

Bon, c'est samedi soir, je suis fatiguée, rien ne se passe en théorie (peut-être un film au ciné?), je m'ennuie et j'ai pas envie de travailler (bouh, pas bien, vilaine). DONC je fais une fête sur mon blog (concept original mais nul), voilà, si vous avez du temps à perdre pour écouter du funk, de la disco, et d'autres trucs totalement COOL et GROOVEY, mettez votre plus beau pantalon à paillettes, accrochez la boule à facettes au plafond et branchez la sono.

1. Pas de samedi soir sans SATURDAY NIGHT FEVER. (bah ouais, neurmal.) Alors  on fait cinq minutes d'étirements et hop, on se rue sur les parquets cirés la tête bien droite pour pas abîmer la banane gominée de frais.


2. Maintenant que tout le monde s'est échauffé (grand écart de ouf aidant), il faut avoir le feeling disco. Alors répétez après le King (et venez pas me dire que c'est pas vrai!):


3. Mesdames, Messieurs, veuillez accrocher vos ceintures, nous allons traverser une zone de turbulences parfaitement ringue avec de la terre, du vent et du feu (les bilingues pros auront deviné avant les autres). INDICE pour les escargots de la traduction: HA!   HA!    DANCE! Nan? Toujours pas? Bah là j'ai plus rien, je suis désolée, vous allez être dans l'obligation de vous coltiner la vidéo en entier, et DEUX FOIS, puisque vous êtes visiblement mou du bulbe ce soir.


4. Allez, une première petite pause avec retour dans le monde réel. Enlevez les chaussures compensées, quittez la combi moulante bleu pétant et remplacez le tout par un ensemble plus confortable. Un survêt naze et des baskets pourries, par exemple. Vous avez le droit de garder la moustache seventies, cela dit. Ornez le tout de grosses chaînes bling bling à souhait. Vous êtes ready pour le clash musical du siècle, servi sur un plateau d'argent (cash) par IAM.



5. La rechute sera brutale. On revient en arrière - beaucoup - et on fait place aux jeunes. Et à l'alphabet. (toujours dans le but pédagogique de stimuler les mous du bulbe qui seraient toujours pas réveillés par le cocktail détonnant proposé par DJ Tagada (ouais c'est mon nom de scène, c'est cool hein) ce soir.) Allez allez, on renfile la combi et on répète la choré (oui parce que les paroles du refrain c'est facile):


6. Il a mué! (un peu)
BONUS: session karaoké spécial phonétique et sons étranges du King of Pop. Dernière chance pour ceux qui ont toujours pas démêlé leurs synapses. 


7. On continue les cours d'anglais. Leçon numéro un: DOWN. Où, comment cette chanson, littéralement traduite ("descends dessus") et ainsi chantée éhontément très fort offre un intéressant paradoxe linguistique qui se révèle hilarant en cas de soirée éthérée. HAHAHA j'en ris encore. Hein PL. :)


8. Petite pause numéro deux/ ouverture culturelle avec la disco gay-friendly des Scissor Sisters (si si, ils viennent du 21e siècle, je vous jure). Pas la peine de décrocher la boule à facette, là-dessus personne n'a trouvé mieux depuis son invention.



9. DIRECT LIVE je viens de vivre un tremblement de terre (ça n'empêche pas de danser, le groove, ça balance, de toutes manières). Je dois donc poster ceci:


10. Suite de la leçon d'anglais: après "down", UP. Conclusion: dans tous les cas, remuez les fesses.



CONCLUSION

La meilleure chanson de l'univers entier (si, j'ai vérifié d'abord). Si vous aimez pas, essayez même pas de me reparler. JAMAIS.



Allez, hop, à la douche, parce que hein, c'était sportif quand même tout ça.
Bonne nuit et à bientôt pour d'autres CRAZY NIGHTS par DJ Tagada.

Récit en étincelles à haute voix

Une étoile étiolée, rencontre météorique, supernova = belle car déjà morte. 

2 minutes. Parfois il faut se contenter de peu.

2 minutes. Mais parfois peu c'est déjà beaucoup.

Top chrono: tic tac nos pas résonnent sur le trottoir tic tac nos rires rebondissent sur les murs et s'étendent tic tac jusqu'en haut des collines. 

Premier tableau: présentations. 
Il est français. Merde, me dis-je.
Les filles ont faim elles brisent là et fuient les garçons pour se nourrir. Pas envie de flirt. 

Deuxième tableau: retrouvailles. 
Trop de bruit dans le bar. Sourire circonstancié et paroles muettes, mots assourdis dans le brouhaha. Socialisation noyée dans la bière. Effort = être aimable et oublier la fatigue.
On se quitte à nouveau - on ne s'est pas vraiment parlé.

Troisième tableau: l'éclair. 
Tic tac le temps revient, pesant sur nous tic tac le pendule balayant nos mots à grands coups réguliers tic tac alors que nous nous découvrons plus proches que je ne le pensais.

[ pause ] retranscription
 - Mais de quoi tu parles sur ton blog?
 - Bah, de plein de trucs...
 - Dis-moi des exemples!
 - Euh, les Etats-Unis, la boxe...
 - C'est pas vrai, tu boxes?! J'ai fait huit ans de boxe!

TIC le temps s'arrête - il boxe - espoir d'une rencontre, d'un échange, d'un beau souvenir - TAC c'est tout ce que l'on aura - ce soir je ne les suis pas au bar et demain, c'est lui qui part.
Le pendule tourbillonne entre nous, brise nos élans, abat l'envol, nous colle à terre - sur ce fichu trottoir. Tic. Tac.

Dernier tableau: partir sans un regard et pourtant...

On se quitte alors que c'est à peine si l'on s'est rencontrés. Quel étrange sentiment de savoir que l'on a loupé de peu une belle rencontre et qu'en même temps, c'est ce ratage qui la rend si magnifique. Je traverse, m'interroge et regarde derrière moi. Evidemment, non. Sourire intérieur. Les mots m'assaillent. Parfois il faut se contenter de peu. Mais ce peu fait partie des moments qui me rappellent l'essentiel de ce voyage et m'emmènent à des lieues de la lassitude, des questions, de l'angoisse du retour... Ces moments où deux étoiles un peu jumelles se frôlent au hasard de leurs trajectoires respectives, dans cette infinie constellation où tout bouge toujours.
On se quitte à peine et mon âme est enflammée d'un feu que je connais bien mais que parfois je ne peux raviver seule. Un feu qui démange, dérange mais m'anime et m'emmène en des lieux unanimes. Parfois il manque une étincelle et je ne peux m'y envoler, il faut que quelqu'un souffle pour que je déploie mes ailes. Tu as soufflé sur moi et je t'en remercie, si tu n'étais pas là je ne serais pas ici. Je vole - ça faisait longtemps - dans mes mots, mes plumes à moi, pour raconter ces deux minutes passées sur le trottoir, deux êtres manqués, si ce n'était pour ce moment. Ce sera le fragment commun de nos existences comme deux figures lointaines évoluant en miroir qui n'auraient que ce point si ridicule pour se refléter l'une à l'autre. Parfois il faut se contenter de peu.
Mais pour moi c'est beaucoup - c'est pour cela que je te quitte sans hésiter, que je ne porte pas de regrets dans mes bagages car chaque départ est une douleur nécessaire qui transforme chaque seconde de ma vie en joyau. Jamais je ne me suis sentie aussi riche et chaque jour mon trésor augmente. Grâce à toi, il a grandi d'un coup car j'ai compris pourquoi les voyages doivent avoir une fin.
Alors peut-être vais-je cesser de pleurer celle, imminente, de mon voyage à moi. Il m'a donné ces ailes que tu as déployées ce soir pour un énième vol vers mon paradis virtuel. Il est temps à présent de sortir du nid. Et de revenir, nouvelle, car ce que j'ai laissé je ne le reprendrai pas.

jeudi 8 mars 2012

Journée du féminisme

Je viens d'apprendre que c'est la journée de la femme (c'est toujours le cas chez moi, because le décalage horaire). 
Bah c'est dommage, parce que j'ai passé mon aprem à lire des trucs féministes.
Notamment Monique Wittig, qui dit que la catégorie "femme" est une construction sociale qui n'a pas grande réalité dans un monde non dominé par les mâles. 
Voilà pour la femme, et on ne s'en porte pas plus mal. 
De plus, c'est un peu plus intelligent que les sempiternels marronniers pseudo-féministes que nous resservent les médias bien-pensants à ce sujet. 
Aux naïfs qui me demanderont ce que je deviens si je ne peux être une femme, je répondrai ceci: 
Je ne suis pas une femme. Je suis. 
Et c'est bien mieux comme ça.

NA.

mercredi 7 mars 2012

J'ai crevé l'oreiller, j'ai dû rêver trop fort...

J'ai rechuté. 
Un océan de distance n'y aura rien fait. 
Mon addiction à Bashung m'a rattrapée hier, avant de me coucher, quand de nulle part les premières paroles de "Vertiges de l'amour" ont surgi dans ma tête. Tant pis. Je réécoute TOUT. (vous, vous avez droit qu'à une chanson, mais moi j'ai toute la playlist hahahaha)

PS: j'ai les même lunettes, en rose.
PPS: guettez le jeu de mots graveleux sur le kilt de la rouquine carmélite. Ça vaut son pesant d'or quand même...

mardi 6 mars 2012

News.

Les députés votent une loi qui va permettre de ficher les empreintes digitales de tous les Français pour la confection d'une nouvelle carte d'identité biométrique. 

ça tombe bien, moi qui voulais m'acheter des gants...

lundi 5 mars 2012

Si j'aurais su, j'aurais pas venu.

Et aussi, ce matin, à 5 heures 44 précisément, j'ai failli mourir parce qu'il y a eu un tremblement de terre. Ma proprio pense que c'était au moins de magnitude 5 (donc relativement fort quand même). Alors moi, en bonne française hyper aware des réflexes à avoir en cas de fin du monde via séisme, je suis restée dans mon lit en attendant que ça passe. (APPLAUSE)

Toutes façons, je me suis dit que si c'était grave, c'était couru d'avance, puisque je vis dans un grenier.(la bonne blague)
 
C'est donc avec ma placidité légendaire qu'à ma proprio me demandant ce matin: "mais alors, qu'est-ce que tu as fait pendant le tremblement de terre???!", j'ai répondu:
 "Bah rien." 

J'aurais aimé ajouter avec une once de fierté: "de toutes façons, j'ai toujours voulu mourir étouffée par la poussière les deux jambes écrasées par des poutres paisiblement dans mon lit." Mais sur le coup, j'y avais pas pensé.
C'était l'histoire du jour de ma vie, dans la série "Les Français, ces gens merveilleux qui bravent la mort à tout instant avec le calme de Stallone découpant des Thaïlandais façon Apéricubes à la machette dans Rambo."

"Eeeeeetmeeeeerde" (vous comprendrez après)

J'ai pas le temps de faire un article, mais de fil en aiguille sur le net j'ai trouvé ça, et c'est marrant.