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vendredi 30 septembre 2011

Cooking Frenzy (1)

Parlons peu, parlons bien.

La bouffe au pays de la malbouffe. 

J'ai de la chance, la Californie, c'est un peu le borgne dans le royaume des aveugles, et ce pour plusieurs raisons. D'abord, ils sont proches de la mer, ensuite, ils sont proches de l'Amérique du Sud, et troizio, ils sont méga-obsédés par leur corps. Ben oui, c'est la nation des stars, quand même. Los Angeles, empire des chirurgiens esthétiques, Berkeley, paradis des foodies (l'équivalent des geeks de la nourriture. Moi quoi.).

La mer: ils ont plein de poisson frais fraîchement débarqué d'Asie, si ils pouvaient, les Californiens diraient que ce sont eux qui ont inventé le sushi. C'est HEALTHY. (trad: sain)

L'Amérique du Sud: c'est de là que viennent tous leurs fruits et légumes, et ça complète la production californienne qui est très importante (l'été, si l'on prend une définition bretonne de l'été, dure ici d'avril à novembre. Sans rire. Tu m'étonnes que les fraises elles soient pas chères.) Comme ces pays sont pas loin, les frais de transport sont minimes, d'où une variété démentielle - il faut que je fasse un photo reportage au "Berkeley Bowl", où j'ai découvert environ dix nouveaux légumes/fruits/variétés inconnues et/ou qu'on ne trouve pas en France). Bref, c'est le paradis des cuisiniers, ce qui explique la présence d'un nombre conséquent de très bons restaus dans tout Berkeley. Promis, je testerai. Ça, ça les aide à manger des trucs non préparés en industrie, contrairement à ailleurs (genre chez McDo au fin fond du Texas, où ne poussent certainement que des cactus homophobes inbouffables). En un mot, c'est ORGANIC. (trad: bio, tout est bio ou presque là-bas, pour le même prix qu'un truc pas bio la plupart du temps)

L'obsession du corps: a pour conséquence de rendre la très grande majorité des produits transformés LOW-FAT (avec peu de matières grasses, voire NON-FAT, sans gras). Mais il y aura toujours des obèses en Californie, pour la simple et bonne raison qu'aucune mesure n'est prise par les industriels pour réduire le taux de sucre dans les produits, même ceux low-fat. Donc en gros, ils sont un peu restés à l'âge de pierre du régime où on croyait que si tu manges pas gras et sucré, tout va bien. MON OEIL. Impossible de trouver un yaourt aux fruits avec moins de 16 grammes de sucre par pot (du coup, Bibi est obligée de manger du yaourt nature, même si c'est PAS BON, le yaourt nature, berk berk berk). Même dans les soupes, ils mettent du sucre. Pour un peu ils en mettraient dans la viande.

Donc, résultat moyen-bien au niveau de la bouffe: c'est relativement bon marché, peu cher quand il s'agit des produits de l'agriculture qui sont d'une bonne qualité puisque la Californie protège ses producteurs (notamment en réglementant les importations de nourriture pour favoriser le marché interne - pour les nuls en économie, si tu ramènes une barre de céréales type Granny en Californie, tu meurs par injection léthale.) On peut, quand on veut, trouver des bons produits, mais il faut vraiment chercher dans des trucs alternatifs pour trouver des produits non sucrés, et là c'est pas gagné.

Tout ça pour dire que je suis allée à Trader Joe's, le Super U californien, et j'ai pris en photo la devanture (une voiture a failli m'écraser tellement j'étais au milieu de la route à essayer de faire marcher mon appareil photo qui filmait au lieu de prendre des photos, enfin bref la honte mais je m'en fous je suis étrangère touriste donc j'ai le droit d'être débile). Et j'ai pris en photo mes courses (d'où le terme de foodie qui me va très bien) pour vous montrer à quoi ça ressemble, les produits californiens. Cf l'article du dessus, parce que là je vais manger!!!!!!

Au travail!

Bon, aujourd'hui, je suis vaguement malade et j'ai mal dormi, mais le ciel se dégage et il commence à faire beau. Comme j'ai pas trop la tête à travailler, je vais faire le boulot facile de la semaine: regarder les deux films qu'on va étudier en cours mercredi. Cette semaine, c'est Robert Bresson qui est à l'honneur, avec le Procès de Jeanne d'Arc et Pickpocket. Si j'ai le courage, je vous dirai ce que j'en pense. En attendant, voici les bandes-annonces. Ça date des années 1962-1963, pour information.


Les deux films sont trouvables en entier sur Youtube, si l'envie vous prenait d'y jeter un coup d'oeil.

(Comme j'ai supprimé mon compte Facebook, ce blog se remplira d'articles plus ou moins ineptes histoire de donner un peu de mes nouvelles au quotidien.)

vendredi 23 septembre 2011

Fight Club 2.0

Il est temps de vous dévoiler la vie secrète des rongeurs qui peuplent les environs de Russell Street. A cette fin, j'ai mis en place un dispositif diabolique pour les piéger et vous les expédier par courrier. Je rigole. Cela dit, si vous en voulez un, y a pas de problème, parce que ce ne sont pas les écureuils qui manquent à Berkeley.
Bref, il y a quelques jours, j'ai quand même mis au point un dispositif diabolique pour réussir à photographier les bêtes en question, pas très disposées à prendre la pause pour mon reportage exclusif.
J'ai donc passé une demi-heure de ridicule photographique total à traquer les écureuils se risquant sur la rambarde pour récupérer les cacahuètes que je dépose régulièrement (parce qu'en plus, je suis gentille avec eux). Le sac de deux kilos de cacahuètes (avec leur coque) est bientôt fini, il aura duré tout au plus trois semaines, sachant que seulement deux écureuils viennent faire leur réserve chez nous.
Donc, je disais, une demi-heure de ridicule photographique car ils esquivaient l'appareil plus qu'efficacement - je suis sûre qu'ils le faisaient exprès. Voilà donc une de mes premières photos réussies (après 10 bonnes minutes de flous et de gros plans vides et sans intérêt...)
Voilà, vous pouvez admirer le cadrage et la précision du zoom. 

Donc, j'ai eu une idée absolument géniale: puisqu'ils étaient trop rapides, il fallait les ralentir, et si possible au passage leur faire subir une expérience potentiellement drôle et stupide. Au lieu de déposer une poignée de cacahuètes sur la rambarde, j'ai donc mis la boîte entière:
Vous noterez que Piggy garde consciencieusement son territoire en roupillant comme c'est pas permis. La boîte de cacahuètes s'est révélée parfaite puisqu'elle est un peu trop profonde pour les écureuils, si bien qu'ils sont obligés de se pencher dangereusement dedans pour attraper quoique ce soit. La seconde demi-heure de prise de vues fut donc bien plus intéressante et absolument hilarante. En voici les meilleures perles:
Phase d'approche [musique de Mission Impossible]
Observation minutieuse du contenu et reniflage de l'ensemble. "Mais comment atteindre ce trésor?" Il a beau se pencher, il est pas assez grand, même si il est déjà costaud pour un écureuil.
Technique d'approche numéro un: le grand écart. Le jeu de jambes est primordial dans la réalisation de cette figure. Elle met en valeur l'aspect "pantalon bouffant" de la fourrure. Flatteuse pour la silhouette, elle nécessite cependant une grande souplesse.
Technique d'approche numéro 2: le grand plongeon. Plus franche, cette stratégie requiert un grand courage de la part de l'écureuil, qui est d'un naturel stressé et malvoyant, et qui évite donc de se mettre dans des positions où il est vulnérable. Typiquement, celle-ci. Mais évidemment, il y avait beaucoup de cacahuètes dans cette boîte.
Phase de grignotage non loin du butin pour le protéger de tout autre prédateur de cacahuète. Comme les oiseaux, les écureuils vivent dans les arbres. Donc ils se perchent. Eh oui, moi non plus je ne savais pas.
Ouf, c'est mieux sans la boîte.

Voilà les écureuils préparant l'automne. J'ai intitulé cet article Fight Club parce que les deux représentants de cette espèce que j'ai l'honneur de nourrir se battent sans relâche dès qu'ils se croisent sur la rambarde. Ça court, ça saute, ça grimpe à l'envers, ça envoie des volées de feuilles quand ça passe à travers un buisson... Pas très discret, mais très drôle, cela dit. Ils ne se font pas mal, leur chamailleries consistent principalement en des courses-poursuites épiques dignes de Fast and Furious croisé avec un spectacle du cirque du Soleil. Et ce très régulièrement. La vie sauvage en Californie, c'est pas facile tous les jours.

jeudi 22 septembre 2011

Eloge de la lenteur

Ce documentaire est une parfaite illustration du sport que je pratique depuis trois semaines à l'université, au sein du plus ancien club sportif du pays - il a été créé il y a bientôt 95 ans si mes souvenirs sont bons, et n'a depuis connu aucune interruption.
Deux courts de tennis en salle ont été convertis en "boxing gyms", avec un ring, une vingtaine de sacs, quelques poires, des cordes à sauter et des paires de gants débordants des placards. Ambiance concentrée et détendue: on peut rigoler mais pas quand il s'agit d'écouter les consignes, car un visage s'abîme très facilement, surtout quand on ne maîtrise ni ses coups, ni sa force. Après les premiers cours consacrés à la méthode pour bander correctement des mains avec les trois mètres de tissu réglementaires pour protéger le poignet et les phalanges et au "jab", le coup le plus utilisé et le plus basique, on commence à travailler sur les sacs: le plus dur, contrairement à ce qu'on pourrait croire, n'est pas de le faire bouger, mais de frapper efficacement, avec la meilleure position possible, des pieds à la main en passant pour toutes les autres articulations.
Étonnamment, les garçons ne sont pas les plus doués, justement parce qu'ils sont plus forts que les filles: un coup de poing basique n'utilise pas tant les biceps (ce qu'ils ont tendance à faire) que les mollets et les cuisses pour trouver sa puissance. C'est tout le corps qui se projette dans la main, cette dernière n'étant pas le déclencheur mais le point de contact où toute la force accumulée auparavant va trouver une sortie (que ce soit le sac, l'adversaire, ou le vide...).
Puis viennent les exercices à deux - de loin, sans gants puis de près avec gants et protection dans la bouche. Les coups sont lents et retenus, pour apprendre les gestes qui défendront correctement. En défense, tout est proximité et économie: les poings touchant le visage pour amortir les coups, et pas les faire rebondir sur la mâchoire ou les joues, et des mouvements limités au maximum, afin de ne jamais baisser sa garde et être toujours en position pour frapper si une occasion se présente. Il suffit en effet de pas grand chose pour dévier un coup - mais pour cela, il faut le laisser venir au plus près des zones vulnérables. C'est une question d'exactitude, de rythme, et de concentration.
Le coach accompagne, conseille, répète inlassablement les consignes, à la fois simples et compliquées: coordonner le corps entier dans un seul geste qui devra durer moins d'une seconde pour être efficace lors d'un combat n'est pas une mince affaire. Alors on se place devant les miroirs, on regarde l'exemple, et on recopie, en corrigeant les maladresses une par une. Fléchir suffisamment, mais toujours rester à la même hauteur, se déplacer uniquement sur la pointe des pieds, mais ne pas sautiller, rester en appui sur la jambe arrière et se projeter en avant pour frapper, le dos doit être droit, les épaules baissées, menton touchant le sternum, visage protégé par les gants sans que le champ visuel soit complètement obstrué, coudes serrés pour protéger les coudes, poings parallèles au visage, pas devant, pieds écartés, celui en arrière légèrement incliné pour garantir un bon appui. Mettez-vous devant un miroir, faites tout cela et tentez de vous déplacer en gardant cette position. Je ne parle même pas d'attaquer ou de défendre.
Après vient la question des muscles et de l'agilité: la corde à sauter est une solution, mais pas un miracle. Là aussi, il faut des heures pour sauter le moins haut et le plus rapidement possible, sur n'importe quel pied, de n'importe quelle façon.
Après cinquante sauts d'affilée, les chevilles et les mollets crient grâce. Trente secondes de l'échauffement viennent de s'écouler, ce n'est que le début. Avant de commencer l'entraînement proprement dit, on travaille aussi sur les genoux et les hanches: fléchir et faire des U, des V et des O pour parer et attaquer ou simplement éviter un coup. On sautille, on détend les épaules, et le travail commence - tout le monde est déjà trempé de sueur, cela va sans dire. On écoute les consignes, on travaille au ralenti devant le miroir, puis on applique l'exercice, inlassablement le même geste, toujours quelque chose à corriger, la précision manque, on affine au fil des répétitions. Deux éléments sont revus et/ou appris par cours, pas plus. Les progrès semblent invisibles, voire inexistants, puis le coach passe, corrige le geste en une phrase ponctuée d'un calme "let me see" - on s'applique, on se lance et "great! that's it! good job, keep goin'". On a gagné le droit de continuer, encore et encore, jusqu'à la fin de l'heure. Soulagés d'avoir terminé, épuisés mais satisfaits, on enlève les gants - fin de l'enfer pour les mains - et on ôte lentement les bandages détrempés qui ont pris l'odeur de la transpiration et du cuir. Exclamations dégoûtées et sourires complices. Dans deux jours, il faudra recommencer, reprendre depuis le début, se rappeler et apprendre de nouvelles informations puis tout rassembler pendant les exercices - tant pis pour les courbatures.
 

mardi 20 septembre 2011

PREVIEW

A venir très prochainement: des écureuils en folie, des fleurs et des toiles d'araignée, des tuiles en bois et des fenêtres centenaires, des loukoums virtuels et autres récits de mes zépiques zaventures.

jeudi 15 septembre 2011

sans titre


Tellement de choses à partager et vous n'êtes pas .

samedi 10 septembre 2011

dimanche 4 septembre 2011

Il était temps!

Bon, j'ai misérablement délaissé cette plateforme pendant trop longtemps, il est temps de relever le niveau (en mode "oui, je peux gérer 50 000 choses à la fois"). 
Alors d'une, pour les musicos qui passeraient par là, vous allez (le remplaçant de Deezer - radio où l'on écoute de la musique gratuitement, pour les néoffittes*-, parce que ce dernier fait de la pub PENDANT les chansons, donc je boycotte parce que c'est des vendus) donc je disais vous allez au lien sus-précisé et vous tapez mon adresse e-mail (je vais pas la mettre comme ça ici, je suis pas débile, donc vous ouvrez vos petits carnets d'adresses pour la trouver) et vous tapez mon mot de passe: aelita (oui, niveau de sécurité zéro, mais j'ai un mot de passe différent pour chaque compte internet, donc ça ne vous avance pas à grand-chose de savoir celui-là héhéhé.) 
Vous pourrez donc avoir accès à mes playlists (que je vous prie de ne pas modifier) et vous pourrez aussi en créer des nouvelles (c'est là que ça m'intéresse :). Le deal: vous mettez la musique que vous voulez et vous nommez la playlist avec votre prénom et un mot qui définit plus ou moins la sélection musicale proposée. Comme ça, tout le monde en profite, et tout le monde est content. Celui qui modifie mon profil, change le mot de passe, met des blagues douteuses ou fait une playlist avec Britney Spears et Larusso sera passible d'une punition dont je n'ai pas encore défini le niveau de cruauté. 


Deuzio, comme j'ai misérablement délaissé ce blog, "voilà les news" (JEU: de qui est cette citation? répondez en postant un com'): 
J'ai bien fait ma rentrée à l'université, qui grouille de gens de toutes les couleurs, avec des profs très sympas et accueillants (ce qui est un peu la définition du Californien de base). Tic de language intéressant: au lieu du "bonjour" basique et ennuyeux balancé par le commerçant français mal léché moyen, ici, on dit "hey, how you doin'?" (Salut, comment ça va?), de temps en temps agrémenté "today" histoire de fidéliser le client en sous-entendant qu'on le voit souvent même si c'est pas vrai. Bref, toujours est-il que cette question appelle une réponse qui, si elle ne vient pas, provoque un silence très bizarre. J'ai testé. (oui mais je voulais savoir si c'était une question rhétorique ou pas. Eh ben c'est pas rhétorique, voilà.) Donc on répond avec un grand sourire "Fine/Good/Great! And you?" et voilà comment en quelques mots rendre les relations inter-personnelles vachement plus friendly et agréables. Ajoutez à cela qu'ils trouvent tout génial de toute manière, et d'un coup le quotidien est allégé de toute la mauvaise humeur ambiante qu'on trouve de temps en temps (pour ne pas dire souvent) en France. Je sais pas si des linguistes ont déjà travaillé sur la relation entre les expressions courantes et l'état d'esprit des gens qui ont grandi dans un même pays, mais il y a quelque chose à faire là-dessus. 
Heureusement, tout n'est pas rose au pays de Candi (hahahahablaguenulle). 

Quand on traverse la "rue principale" dans le campus, à l'entrée de la fac, on trouve environ une trentaine d'assos chrétiennes de toutes tendances (les chrétiens LGBT, les chrétiens sud-coréens, les chrétiens LGBT asiatiques -sans rire- les chrétiens anti-avortement, les chrétiens qui chantent à la gloire de Dieu -sans rire bis- les chrétiens pro-Obama, les chrétiens qui veulent tuer Obama...) qui harcèlent littéralement les étudiants qui ont le malheur de croiser leur regard en passant, façon pire que les types de la Croix Rouge ou Action contre la faim place de la Mairie à Rennes. (je soutiens totalement leur cause, mais juste, quand on dit non, c'est non, pas "vas-y culpabilise-moi en m'expliquant combien de personnes je tue en donnant pas deux euros"). Bref, ils sont tous très Bisounours mais ça fait UN PEU prosélytisme, quand même, hein (nos quatre filles voilées dans deux collèges paumés les ferait bien rire, mais je ne veux pas lancer de débat, je constate juste le fossé culturel entre la France et les Etats-Unis). 
Ca, c'était le premier jour, maintenant je passe plus par là, problème réglé. 


Sinon, j'ai commencé les cours, j'en ai trois pour ce semestre - et c'est bien suffisant, vous allez voir comme on rigole pas à Berkeley:
1. "American Novel": deux fois 1h.30 par semaine, le mardi et le jeudi.
Le prof est très drôle, jeune américain d'origine asiatique, il nous explique la naissance et l'évolution du roman américain en parallèle avec la naissance et l'évolution de la nation américaine. Cette semaine, on lit La lettre écarlate, de Nathaniel Hawthorne. Suivront Benito Cereno (Melville), Daisy Miller (James), Huckleberry Finn, Yekl (non c'est pas une blague, et je ne sais plus l'auteur), Sister Carrie, The Good Anna, Dark Princess (DuBois), The Day of the Locust (West), Pnin (Nabokov), China Men et enfin (!) A Mercy. Tout ça en treize semaines. Voualààààà... Heureusement, ce sont de très chouettes livres et c'est intéressant. 
2. "American Landscape": même volume horaire. 
Là c'est un prof beaucoup plus vieux (ma proprio l'a eu quand elle était étudiante en architecture) qui a un léger bégaiement, mais comme il le dit lui-même, il est content parce que maintenant, grâce au Discours du Roi, c'est à la mode. Lui aussi, c'est un comique. Il enseigne une matière un peu hybride qui consiste en l'étude de la formation du paysage américain (le bâti, les diverses modifications que les hommes apportent à leur territoire) afin de cerner comment les sociétés étaient organisées, à quelles contraintes elles ont dû faire face, pourquoi elles ont fait tels choix architecturaux et pas d'autres, comment elles impriment leur marque dans leur environnement... bref, tout un tas de facteurs qui permet de lire le paysage américain tel qu'il est aujourd'hui. C'est hautement intéressant, et après on comprend vraiment mieux l'organisation de l'espace - qui peut s'avérer un peu déroutante pour un Européen, parfois. 
3. Dernier cours: "State of the art film: 1963", trois heures par semaine.
Sous cet intitulé énigmatique se cache en fait un cours très formateur sur le cinéma dans en 1963 (et un peu avant et après). Deux films analysés par semaines, choisis pour moitié par le prof (Clark Gable avec des cheveux blancs, totalement en accord avec sa spécialité) et pour moitié d'après la liste des 10 meilleurs films de 1963 constituée par les Cahiers du cinéma à l'époque. Au programme sont donc Godard, Antonioni, Buñuel, Hitchcock, Jerry Lewis, Kurosawa, Misoguchi et pas mal d'autres. Plutôt sympa. Ca donne un rapport de deux pages à rendre chaque semaine et un devoir final de 20 pages, en plus d'un exposé d'une heure et demie sur un des films de la liste. Faisable, mais conséquent. 

*avant de passer à complètement autre chose, je précise: j'écris néoffitte comme je veux, parce que de toutes manières je ne sais pas comment ça s'écrit, voilà.

Voilà pour les cours, à part ça ma vie va bien, j'ai amadoué les chats de la maison en les soudoyant outrageusement avec du saumon, de la crème chantilly et des suppléments de boîte pour chat au fromage. Les deux affreux sont désormais dans ma poche. Enfin, façon de parler, parce que ma poche ne fait pas un mètre cube, et il faudrait bien ça pour les faire rentrer tous les deux dans une poche. D'ailleurs, j'ai des preuves de leurs dimensions monstrueuses (enfin, pour une des deux, l'autre est normale voire un peu déplumée). 


Je vous présente Piggy. Elle s'appelle Piggy parce qu'elle a les mêmes yeux très bleus de Piggy dans le Manège Enchanté (c'est-y pô meugnon). Elle pèse 140 kilos toute mouillée. Une brindille, vous disais-je. Elle aime la crème chantilly, mais pas le fromage blanc (c'est trop aigre, voyons), elle dis pas non à du poulet ou du saumon, et elle s'affale à mes pieds pour avoir des caresses en ronronnant la gueule ouverte, ce qui donne un son absolument immonde assez proche du ronflement de mon grand-père pendant sa sieste après-midinale.







La deuxième bête est moins gargantuesque: elle s'appelle Hangel (à prononcer Hennedjeul, avec le H), je soupçonne une origine allemande à ce prénom (car ma proprio est allemande à la base) mais sinon je sais pas trop pourquoi elle s'appelle comme ça. C'est le prototype du chat qui cache son jeu: elle se voile d'une indifférence à toute épreuve (elle refuse de manger du poulet, nan mais quelle arrogance!), détourne le regard quand on l'appelle ("mmmmnan! t'es pas assez bien pour moi, je t'ignore!") et s'applatit quand on tente une approche tactile ("m'touche pâââââs! tupuedégage."). T'façons j'm'en fous, Piggy a une fourrure d'ours polaire, ce qui la rapproche beaucoup d'une véritable peluche et la rend bien plus agréable au toucher. Indifférence donc, la plupart du temps. Et puis d'un coup, la bête balance un miaulement de chat affamé qui a une patte dans la tombe, se ramène dans la pièce et fixe tes yeux l'air de dire "espèce de sale ingrate, je vois bien que tu préfères Piggy et que tu me détestes. Je te hais mais t'es quand même obligée de t'occuper de moi parce que là j'ai faim et je sais pas utiliser un ouvre-boîte". Quelle sale bête calculatrice et méprisante, j'ai jamais vu ça. On dirait qu'elle fomente une vengence perpétuelle contre l'idiotie de la race humaine, c'est absolument effrayant. 
Ma proprio m'a d'ailleurs raconté à quel point Hangel est diabolique (hahahahablaguenulle2). Quelques années auparavant, le frère de l'ex de sa fille (c'est pas grave si vous suivez pas) venait de temps en temps à la maison. Il est borgne, et il a donc un oeil de verre, que l'on ne remarque qu'avec une attention soutenue, m'a assuré Renate (ma proprio). L'homme en question avait pour habitude d'importuner la pôôôvre Hangel en la prenant dans ses bras pour lui faire des câlins (elle ne supporte pas qu'on la prenne - ce chat est complètement psychotique). Figurez-vous que la bête avait repéré que son agresseur avait un champ de vision réduit grâce à l'instinct meurtrier qui lui est naturel. Qu'a-t-elle fait? Elle s'est vengée (et à plusieurs reprises) en grimpant sur le canapé avec autant de discrétion que Tom Cruise dans Mission Impossible (un nouvel opus va d'ailleurs bientôt sortir oui oui oui!), et ce du côté où le débile humanoïde qui avait l'impudence de la toucher ne pouvait la repérer. Ensuite, elle a progressé sans faire de bruit vers sa cible, puis l'a frappé d'un coup de patte à la tête. Le pauvre homme, surpris et complètement effaré, ne pouvait que se retourner pour voir la petite Hangel s'échapper furtivement et ricaner intérieurement. 
MAIS QUEL ANIMAL SE VENGE AINSI, SI CE N'EST LE DEMON INCARNE???