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jeudi 10 mai 2012

Des hommes et des neuneus.

J'apprends ce matin dans mon élan quotidien pour m'informer sur la France et sa périlleuse bien que nouvellement intéressante destinée qu'un ignoble personnage nommé Pierre Salviac vient de se faire virer de RTL pour un message posté sur le site Twitter.
Message que je ne reproduirai pas tant sa connerie est crasse, il n'est pas question que ce genre de propos salisse mon blog.
Evidemment, les bien-pensants qui commentent les articles commentant ce fait-divers hurlent à la censure à l'encontre d'un "mauvais goût".
Précision pour ceux qui n'auraient pas encore compris que la moitié du monde a un vagin*: insulter les femmes n'est pas du mauvais goût, ou alors, le racisme et l'homophobie aussi. Au mieux c'est de la pure connerie, au pire c'est un délit, voire un crime.
Et évidemment, les journalistes tournent ça en un débat du style "le Président n'a rien dit mais RTL veut se faire bien voir alors elle anticipe ce que Hollande aurait pu faire".

Et le sexisme, tout le monde s'en tape?

Déjà, il me semble que, si Hollande n'a rien dit ni fait, ça va être dur de lui mettre le licenciement de cet abruti sur le dos, ce qui rend donc la comparaison à Sarkozy pour le moins difficile.
En plus, et juste en guise de remarque parce que je voudrais vraiment froisser personne, mais personnellement, je me REJOUIS qu'un immonde être de la sorte ne fasse plus partie d'une radio écoutée par des milliers de personnes. Un de moins! Merci RTL! Parce qu'il ne faut pas se voiler la face, il y en a bien d'autres, dont beaucoup n'ont jamais été inquiétés de leur sort car nous vivons toujours sous le règne d'un machisme d'autant plus insidieux qu'il sait se rendre aimable et politiquement correct aux yeux de la majorité. 

Pour être fière de mon pays, j'aurai aimé le voir se réjouir unanimement  et crier "bon débarras" à cet homme plus bas que terre. Les mots blessent plus vivement que des flèches, et ne s'effacent pas aussi vite que l'on croit dans la mémoire de leurs victimes.
Salviac m'a blessée et mise en colère pour (au moins) la matinée. (et en plus il me coûte une heure de boulot!) Je n'imagine même pas la rage de celles qui sont plus directement visées par son message et les féministes plus engagées que moi qui luttent tous les jours pour que ces affronts publics cessent.

Cet évènement m'attriste doublement: d'abord, il oriente les médias loin des sujets qu'ils devraient traiter et les incite à produire des articles faciles, superficiels, qui ne vont même pas au cœur du problème. D'autre part, il est consternant de voir que personne ou presque ne voit la véritable question, qui est celle du comportement sexiste plus que critiquable de ces hommes puissants qui possèdent une audience large et une influence considérable, et que tout le monde préfère tourner cela en petite polémique sur les jeux de pouvoirs - et d'ici, je trouve que beaucoup se font des films là-dessus.

Il semble qu'encore une fois, on parlera peu des femmes et des violences (symbolique ou pas) qui leur sont faites. 
C'est regrettable. 
Je trouve que c'est d'autant plus regrettable car, là où je suis, j'ai le sentiment que toutes les féministes seraient montées au créneau pour virer ce type et qu'on les aurait écoutées et entendues.
En France, ce type de militantisme rencontre un mépris hallucinant qui décourage franchement de poursuivre dans cette voie. A croire qu'on n'a pas raison de se battre parce qu'on n'a pas envie d'être traitées comme des sous-hommes. (ah oui, c'est vrai, il y a des petits enfants qui meurent en Afrique. bah voyons.)

La journée de la femme est à peine passée que tout le monde nous oublie déjà. Alors que je devrais fêter une victoire contre le sexisme, j'ai un goût amer dans la bouche et comme un sentiment de solitude.

***

En face de moi, dans la rue, une femme sort de la boulangerie et donne un gâteau à son blondinet de fils, installé dans sa poussette. Il s'empare de la pâtisserie et commence à déguster. 
Cette mère aime et nourrit son enfant. Le protège tant qu'il ne peut le faire lui-même, parce que c'est ce que les humains font entre eux. Parce que c'est la vie.
Dans 20 ans, il est fort possible que ce même enfant se comporte comme un salaud de première classe à l'encontre d'une, voire de plusieurs femmes. 
Vous voyez ce qui cloche?



* je fais de l'humour en utilisant cette expression, toutefois je suis bien consciente que toutes les femmes n'ont pas de vagin - l'expression la plus adéquate serait quelque chose comme "celles qui se définissent comme femmes", la flemme de mieux traduire l'expression "self-defined women".

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