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lundi 21 mai 2012

petit rien.

 Lecteurs, voici un message que je viens d'envoyer à un blogueur dont un des posts a été mis sur Rue89 ici. C'est compliqué, le racisme. Mais plutôt que de tous les traiter de connards comme d'habitude, pourquoi pas tendre la main? Essayer au moins. J'ai donc trouvé l'adresse email de cet jeune homme pour lui répondre. Affaire à suivre, j'espère que la réaction sera à la hauteur de mes espérances.
Note: pourquoi me donner cette peine? Peut-être parce que ça vaut le coup. Parce que c'est bête de ne rien faire et parce que ça fait trop longtemps que je ne fais rien. Peut-être aussi parce que j'aime quelqu'un qui n'a pas la même couleur que moi et que je n'ai pas envie qu'on me le reproche, où que j'aille dans le monde. Ou parce qu'aujourd'hui j'ai fait des dates fourrées à la pâte d'amande et que ça m'a rappelé des souvenirs de Noëls en famille, et que je suis bien contente de connaître ça et pas que des fichus Paris-Brest, sans vouloir insulter la gastronomie française. Mais surtout parce que je n'ai pas toutes les réponses et que cette ignorance me tue. Je veux savoir pourquoi les gens ne s'aiment pas. Voilà.

A part ça, je travaille, ça brouillarde dans le ciel et demain je vais faire une procuration pour voter aux législatives parce que l'extrême droite ne PASSERA PAS. Nan mais.



Salut Hordalf,
Je viens de lire la lettre qui a été publiée sur Rue89 et je suis rapidement passée sur ton blog. Plutôt que de me défouler bêtement avec des trucs méchants et gratuits comme ont dû le faire bon nombre de personnes sur Rue89, tant qu'à faire, je préfère prendre 5 minutes pour tenter d'élaborer une pensée que j'espère constructive.
Tu l'auras deviné, je n'apprécie pas beaucoup tes écrits, parce que je n'ai que peu d'affection pour le racisme - sans parler du sexisme implicite de certains de tes textes. J'avoue que je me sens désolée à la lecture de tes mésaventures, mais selon moi cela n'est pas un argument. Facile à dire, quand on est pas victime. Enfin, en tant que femme, j'en connais d'autres, même si je ne suis pas des plus à plaindre. Je ne crois pas que notre expérience de la violence devrait nous rendre aigri-e-s et dur-e-s envers les autres, car il est inutile de faire à ceux qui ressemblent à ton agresseur ce qu'il t'a fait subir. Il me semble que la vraie revanche eût été de tendre les bras vers l'Autre (cet éternel Autre) pour continuer à la comprendre. Pas facile à faire, j'en conviens, et j'en ai moi-même éprouvé la difficulté. Mais accepter la différence avec sérénité n'a jamais été le chemin le plus aisé. Je pense sincèrement que c'est le plus noble.
C'est pour cela que je fais l'effort de t'écrire, dans l'espoir très naïf d'engager une réflexion sur ce que tu écris. Qui ne tente rien n'a rien. Pourquoi tant de haine aveuglément dirigée vers ces gens? Une immigration massive déraisonnable, "diabolique"? Ni Dieu ni diable n'ont quoi que ce soit à faire là-dedans, je te crois suffisamment intelligent pour le savoir. Quand à comprendre le fonctionnement de l'immigration, c'est un peu plus compliqué qu'une histoire de chiffres, si mes cours d'histoire étaient exacts - et même si je n'ai jamais eu de 20/20 dans cette matière. Il semble qu'au-delà de questions interprétatives tu veuilles voir le monde à la couleur de ta colère. Compréhensible, mais pas justifiable.
Juste pour remarque, il n'y a pas que des Arabes qui violent les femmes. Et ça ne se passe pas qu'en banlieue. Ne me demande pas pourquoi, mais je le sais, et beaucoup trop de femmes le savent beaucoup mieux que moi aussi. C'est trop facile de mettre le crime sur le dos d'anonymes quand tant de vrais coupables sont protégés par leur statut social (sans même parler de leur couleur de peau).
Je n'ai qu'une question, qu'on t'aura peut-être déjà posée: pourquoi tant de haine? Il me semble que la réponse ne se trouve pas dans ce que tu as pu vivre, car beaucoup vivent pire et réagissent autrement (et inversement, pas besoin de vivre ça pour être raciste/voter FN).
Tous les jours je cherche la sérénité. C'est la chose la plus infiniment compliquée à trouver. Mais c'est tellement moins épuisant que de haïr tout ce qui nous entoure. La colère, c'est de l'énergie gaspillée. Bien peu de choses valent que l'on haïsse vraiment, à l'échelle d'une vie. Je crois.

Dans l'espoir (fou, peut-être, encore une fois) que cela change quelque chose,
une lectrice qui te salue bien.

1 commentaire:

  1. Bel effort, Ann-Lys. J'aimerais bien savoir ce que ça va donner. Tout ceci m'interpelle.

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