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samedi 25 février 2012

A Monsieur le Président de la Syrie

Cher Président Bachar el-Assad,

Ca va bien, les conneries dans ton pays, là. Tu sais quand même qu'il y a des gens qui meurent tous les jours depuis bientôt un an à cause de tes bêtises?
Alors je comprends bien, Monsieur, tu voulais être ophtalmo et passer ta vie à prescrire des lunettes aux bigleux, et pis comme ton frère aîné est mort, Papa en a décidé autrement, conception syrienne de la présidence oblige.
M'enfin c'est quand même pas une raison pour tuer des journalistes - borgnes, qui plus est! C'est un peu tordu, comme vengeance, tu trouves pas?
Alors écoute bien, grand duduche, tu gaves tout le monde à massacrer des gens, à commencer par ceux dont les familles se dépeuplent à cause de toi.
Moi, je suis en bout de chaîne, et crois bien que je suis contente de pas être syrienne en ce moment, mais tu me soûles quand même parce que tu vois, je me dis que je pourrais être à la place des personnes que tu bombardes non-stop ces jours-ci et l'idée ne me réjouit guère. Ce qui m'emmerde d'autant plus, c'est que depuis Internet (t'as essayé? C'est un outil génial qui empêche les grands méchants de faire des trucs pas cools sans que les gens le sachent) on peut plus cacher grand chose à la face du monde, et un jour, il faudrait que les petits chefaillons ivres de pouvoirs comme toi se rendent compte que tout se paye, même si la sanction n'est pas immédiate (je te l'accorde, la communauté internationale est longue à la détente, et ça t'arrange bien, d'ailleurs).
L'impunité, ça n'existe plus, et ça fait LONGTEMPS que les gens censés (OK, c'est pas tout le monde) ont pigé que c'est pas bien de tuer les gens. Y a même un barbu de 33 ans qui l'a gravé sur une pierre y a un bout de temps, mais j'avoue que tout le monde le croit pas parce qu'il prétendait marcher sur l'eau.
Alors je comprends qu'on puisse se réjouir d'embêter son monde, mais des fois il faut arrêter d'être égoïste 5 minutes et regarder les choses en face: tu n'as pas besoin d'ajouter à la misère que nous portons déjà, de noircir les pages de toutes manières endeuillées des journaux, d'allonger la liste des gens dont on se souviendra parce que ce sont de véritables salauds, ou d'accentuer ta ressemblance avec un de ces horribles tueurs de masse notoires en ajoutant des crimes à ta moustache.
Moi, de mon tout petit univers, je ne peux pas faire grand chose, et ça me tue parce que ceux qui ont toutes les clés en main pour mettre fin à tes conneries reculent comme un cheval devant l'obstacle pour des raisons qui, honnêtement, me dépassent, parce qu'au final, on parle de gens piégés par des bombes dont la vie s'élime à chaque minute et qui n'ont qu'un Dieu bien impuissant pour les soutenir dans leur épreuve.
Mais quand même, contre toi, Président, j'ai mes mots, et il se trouve que j'en ai marre de détourner les yeux pour ne pas vomir quand je vois la une du New York Times au moment du petit dèj, que j'en ai marre de fermer ma gueule et de refouler ces images et ces phrases, pâles échos de ton inhumanité, loin de ma mauvaise conscience, mais surtout, surtout, que j'en ai marre de toi, Bachar.
Alors lève-toi, récupère l'erstatz de dignité qu'il te reste, et dégage.
Un dernier conseil pour la route: cours vite, car ils sont déjà là.

Bien cordialement,
Mademoiselle Lily.

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